La voiture de demain sera sobre et peu polluante mais coûtera cher

Il va falloir réinventer le plaisir automobile. L'amour du pilotage, c'est fini ", souligne Pascal Hénault, non sans une pointe de nostalgie. Normal, l'actuel directeur de la recherche et de l'innovation du groupe PSA est l'un des pères de la Peugeot 205 GTI, la célèbre petite bombe des années 1980." Aujourd'hui, nous avons tous pris conscience d'un fait primordial : l'énergie doit être utilisée avec parcimonie. Même le nucléaire pose le problème de la disponibilité de l'uranium ", reconnaît cet ingénieur de 61 ans, qui avoue sa prédilection pour " tout ce qui est en mouvement, sur terre comme sur l'eau ". L'automobile continuera d'être un " objet de liberté, de confort, mais elle doît être plus sûre et économique ", insiste l'ancien patron de la filiale américaine de Peugeot, qui utilise toujours, néanmoins, sa vieille 405 Mi16 " version US ", une berline sportive très puissante pour l'époque - mais polluante - qu'il avait rapportée de son séjour outre-Atlantique. Derrière le politiquement correct, il y a toujours " la passion pour lavitesse ".PIONNIER DU " STOP AND START "" Pour consommer moins, et donc rejeter moins de gaz à effet de serre, il faut réduire la masse, le poids des véhicules, diminuer les frottements, mettre des systèmes innovants. " Pascal Hénault, qui dirige la recherche du constructeur automobile français depuis près de dix ans, a déjà fait oeuvre de pionnier avec le " stop and start ". Un système ingénieux qui permet l'arrêt et le redémarrage automatique du moteur dans les embouteillages. La Citroën C3 a été la première voiture à l'utiliser en octobre 2004. Ce modèle ne s'est toutefois vendu qu'au compte-gouttes, en raison d'un tarif élevé. " Je regrette qu'on ne l'ait pas davantage développé, pour faire baisser le coût unitaire. " Aujourd'hui, BMW a repris l'idée et la commercialise sur ses modèles. Pourtant, Pascal Hénault devrait bientôt tenir sa revanche, puisque PSA compte " vendre un million de véhicules par an dotés de ce système vers 2012 ". " Ma plus grande récompense, c'est quand je vois un client utiliser un système que l'on a imaginé ", souligne cet homme jovial qui passe ses vacances en croisière sur son bateau entre Biarritz et l'Angleterre.Autre solution pour baisser le CO2 : le véhicule hybride diesel, prévu pour la fin de la décennie. Malheureusement, tout cela ne peut qu'augmenter la complexité des voitures. Ce que Pascal Hénault regrette, lui qui aime bricoler ses bateaux et ses voitures. " C'est mon côté manuel. J'aurais aimé être chirurgien comme mon oncle. "" Le problème, c'est que tout ça va coûter cher. Le surcoût pour atteindre les 120 g de CO2 sur les véhicules sera significatif. L'hybridation, par exemple, a un coût très élevé. Le tarif des batteries ne baisse pas tellement ", insiste ce licencié de mathématiques et de physique. Les constructeurs vont donc devoir " faire des gains de productivité afin d'absorber ces coûts ". Pour cela, " les prix des composants automobiles doivent diminuer singulièrement. Il faut acheter les pièces de base dans les pays à bas coûts ". Mais cela risque de ne pas suffire. " Nous devrons aussi repenser l'ingénierie des véhicules en utilisant de moins en moins de matière, en diminuant les tolérances pour l'économiser. " PSA n'est " pas obsédé par le bas coût en tant que tel. Nous recherchons simplement la meilleure équation prix-prestations ", soutient-il cependant.VERS DES VELIB AUTOMOBILESNos voitures vont-elles pour autant complètement changer dans les prochaines années ? Non. Il ne suffit pas de décréter périodiquement de nouvelles normes d'émissions polluantes plus sévères pour que la technologie suive, et surtout que ces transformations soient à un prix acceptable pour le client. Les vrais sauts technologiques seront les voitures à hydrogène, d'après Pascal Hénault. " Mais il faudra vingt ou trente ans pour régler la question du stockage de l'énergie. "Dans une vingtaine d'années, on verra aussi des " Vélib automobiles avec des véhicules électriques en libre-service ", assure-t-il. Là, ce sera réellement la révolution dans l'automobile. Mais, jusque-là, celle-ci devrait continuer à utiliser du pétrole. En quantité de plus en plus faible par véhicule. Mais, comme les marchés chinois, russe, indien exploseront, la consommation globale d'essence dans le monde risque de croître encore fortement.Piquant hybrideAttention, voiture du futur ! Dévoilée au dernier Salon de Francfort, la C-Cactus, concept-car de Citroën, se veut " une berline écologique au style attractif et ludique ". Construite avec des matériaux recyclés ou recyclables, elle est dotée d'un moteur Diesel HDi de 70 ch associé à un moteur électrique de 30 ch. Résultat : 3,4 l/100 km de consommation et un niveau d'émission de CO2 de 78 g/km.

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