Des écrans de rêve... trop chers à produire

En bonne place derrière les voitures volantes au chapitre des rêves des Français, les murs écrans sont en passe de devenir réalité. Tous les fabricants d'écrans plats ont leurs prototypes d'écrans Oled, SED, LED, FED, laser, 3D... Des technologies qui promettent des écrans ultra-minces, des images plus nettes et plus intenses... Reste à savoir quand le rêve deviendra accessible au grand public.Car ces innovations sont encore chères à produire et les fabricants restent prudents, alors qu'ils peinent déjà à rentabiliser leur outil de production actuel face à la chute des prix des écrans plats. " La technologie Oled est très prometteuse mais elle n'est pas près de rattraper les niveaux de volumes et de prix des plasmas et LCD ", confie Laurent Abadie, PDG de Panasonic France. Seul Sony a lancé au Japon des écrans Oled de 11 pouces (28 cm) mais n'en sort que 2.000 par mois. " Nous verrons après quelle taille produire à quel coût ", assure Philippe Citroën, le PDG de Sony France. " Il faut attendre le bon moment de lancement, nous y serons dans trois ans ", augure Éric Surdej, le PDG de LG France. De fait, Samsung et Toshiba ne commercialiseront les leurs qu'en 2010. Selon le cabinet iSuppli, la production de télés Oled passera de 3.000 unités en 2007 à... 2,8 millions en 2013, un chiffre qui reste très confidentiel. Côté technologie SED, véritable Arlésienne, Canon et Toshiba ont finalement jeté l'éponge. Canon a préféré s'allier avec Matsushita et Hitachi dans les écrans LCD mais aussi Oled. Quant aux écrans 3D, si la plupart des acteurs en fabriquent depuis plusieurs années, peu sont pour l'heure convaincus, en l'absence de contenus appropriés.15.000 EUROS POUR LA TABLE INTERACTIVE En attendant, les fabricants préfèrent améliorer le LCD et le plasma. À moins que des technologies plus futuristes, tels les murs tactiles, prennent directement le relais. Matsushita a équipé son centre de Tokyo de prototypes immenses permettant le déplacement et le partage d'images. Microsoft a lancé en mai une table numérique interactive capable de gérer du contenu multimédia. Grâce à des caméras infrarouges intégrées, elle permet l'intervention simultanée de plusieurs utilisateurs ce qui est impossible avec un simple écran tactile. Toutes les applications sont imaginables : restauration, casinos, éducation. De grandes chaînes américaines ont déjà signé avec Microsoft qui lancera son produit ce printemps aux États-Unis. Plus proche de nous, la start-up toulousaine Ituilab commercialise déjà sa table interactive à... 15.000 euros.Le rêve est donc déjà réalité, mais se paie au prix fort. Surtout, la question se pose finalement de savoir " quel est le bénéfice de plus pour le consommateur ? " s'interroge Éric Surdej. De fait, comme le souligne, Alain Appriou, directeur marketing de Toshiba, alors que la concurrence accrue raccourcit les cycles (la durée de vie d'une gamme est passée de deux ans à six mois), l'innovation peut finir par s'essouffler alors que " le consommateur est déjà satisfait par ce qu'on lui apporte aujourd'hui ".

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