Crise ouverte au " Monde "

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Le bras de fer qui oppose depuis des mois Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde, à la Société des rédacteurs du Monde (SRM) est désormais patent. Actionnaire de référence du groupe de presse et garant de son indépendance, selon ses statuts, la SRM a déjà fait tomber l'ancien PDG du groupe, Jean-Marie Colombani et, dans la foulée, Alain Minc. Vendredi, Pierre Jeantet, président du directoire, et Bruno Patino, vice-président, ont confirmé à leur tour leur démission provoquée par le refus de la SRM d'approuver le budget 2008 du Monde.fr. Eric Fottorino, membre du directoire et directeur du quotidien, qui avait fait part de son intention de démissionner fin décembre, est revenu sur sa décision et a décidé de rester en poste. Le directeur du Monde, qui n'avait pas hésité à accuser juste avant Noël Jean-Michel Dumay, président de la SRM, de jouer les " pompiers-pyromanes ", semble s'être rangé du côté du personnel en expliquant dans un éditorial publié samedi qu'il reste " par attachement à l'idée d'indépendance ". " Le "Monde"doit rester un journal de journalistes ", écrit-il.Refusant " d'ajouter une crise à la crise ", comme il l'a expliqué, Eric Fottorino évitera-t-il la nomination d'un admistrateur judiciaire, menace que laisse planer Alain Minc ? Un scénario " inacceptable " qui inquiète les sociétés de personnels du groupe de presse. Dès lors, Eric Fottorino peut-il temporairement assurer seul le directoire du Monde ? Alain Minc consulterait de nombreux avocats pour connaître sa latitude juridique à ce sujet. Pierre Jeantet et Bruno Patino ayant accepté de rester jusqu'au 15 janvier, les administrateurs ont moins de deux semaines pour leur trouver des remplaçants et " organiser le nécessaire débat qui doit s'instaurer sur la stratégie de l'entreprise et le plan de redressement à mettre en oeuvre pour rétablir les grands équilibres financiers du groupe ", selon les sociétés de personnels.Même si un nouveau directoire était formé à cette date, beaucoup d'incertitudes demeurent sur l'avenir du journal. Outre la crise de gouvernance, le groupe connaît une situation financière difficile. En 2006, il a accusé une perte nette consolidée de 14,4 millions d'euros et sa dette s'élevait à 150 millions d'euros. Les 90 millions d'euros tirés de la vente des journaux du Midi lui permettent juste de rembourser 53 millions d'endettement. D'où l'appel lancé récemment par Pierre Jeantet pour une nouvelle recapitalisation de quelque 75 millions d'euros. Mais cette option ferait de facto perdre à la SRM sa place d'actionnaire de référence, des actionnaires extérieurs - l'espagnol Prisa, Lagardère ou Bolloré ? - en prenant le contrôle. Une autre solution, qui aurait la préférence de la SRM, passerait par la vente des magazines dont le très rentable Télérama pour se concentrer sur le seul quotidien Le Monde et son site Internet.

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