Le Royaume-Uni donne le feu vert à la relance du nucléaire civil

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Après une longue consultation publique, des débats nombreux et parfois houleux, Londres a tranché. Le Royaume-Uni a donné hier le coup d'envoi à un ambitieux programme de relance du nucléaire civil. Une initiative attendue, qui illustre le renouveau du nucléaire en Europe et qui devrait être suivie de près par nombre de pays, confrontés eux aussi à des besoins qui ne cessent de croître alors que les énergies fossiles, grosses émettrices de CO2, se renchérissent. Devant la Chambre des communes, le ministre de l'Industrie, John Hutton, a officiellement invité les entreprises à lui " soumettre des projets de construction et de gestion de nouvelles centrales nucléaires ", dans le but de remplacer à terme les 10 centrales nucléaires existantes. Sachant que les règles seront claires : les producteurs d'énergie devront financer la construction, l'exploitation et le démantèlement ultérieur de ces nouvelles centrales nucléaires... Objectif, disposer du premier nouveau réacteur " bien avant " 2020.Aux yeux du ministre, le nucléaire permettra au Royaume-Uni de " respecter notre double engagement : assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques et combattre le changement climatique ". Le besoin de renouvellement est patent. Les dix centrales nucléaires existantes assurent 18 % des besoins électriques du pays, une part qui va baisser au fur et à mesure que les réacteurs arriveront en fin de vie. Sans compter que les centrales à gaz ou à charbon arrivent à maturité. " Au cours des deux prochaines décennies, nous devrons remplacer un tiers de notre capacité de production, et en 2050 notre électricité devra être largement sobre en carbone ", a expliqué le ministre. L'enjeu pour le Royaume-Uni n'est donc pas tant d'augmenter la part du nucléaire dans son mix énergétique que de la maintenir à niveau. Pour faire passer la pilule vis-à-vis de l'opinion publique, le gouvernement s'engage aussi à " tripler à 15 %, à l'horizon 2015 " la part des énergies renouvelables.11 ELECTRICIENS SUR LES RANGSÀ l'annonce de la relance du nucléaire britannique, électriciens et constructeurs de centrales se frottent les mains. Côté français, EDF et Areva n'ont pas tardé à se mettre sur les rangs. S'appuyant sur la construction en cours du deuxième EPR à Flamanville, les deux groupes espèrent construire quatre réacteurs ensemble outre-Manche. Areva, quant à lui, n'exclut pas de monter à six, à la faveur de contrats avec d'autres électriciens.Mais la compétition sera rude. À ce jour, onze électriciens ont exprimé leur intérêt pour le marché britannique, parmi lesquels Suez, les allemands E.ON et RWE, l'espagnol Endesa, les britanniques Centrica, Scottish Power (détenu par Iberdrola), Scottish & Southern. Côté équipement, Areva va se trouver confronté à trois rivaux, les américains General Electric et Westinghouse (racheté par le japonais Toshiba) ainsi que le canadien AECL. Et le chemin sera long. Alors que les quatre constructeurs ont déposé des demandes de certification en juin, le processus devrait durer cinq ans. " Nous visons un premier EPR connecté au réseau en 2017 ", avance-t-on chez Areva.Un parc vétusteLe parc nucléaire civil du Royaume-Uni compte à présent dix centrales en activité, pour une capacité totale de 10,222 MW, couvrant 18 % des besoins électriques du pays. Environ 2-3 % d'électricité supplémentaire proviennent de France grâce à l'interconnexion entre les deux pays, ce qui fait dire que le nucléaire fournit un cinquième du mix énergétique national, derrière le pétrole et le gaz. Huit des dix centrales appartiennent à British Energy, l'ancien groupe public encore détenu à 36 % par l'État. D'ici à 2023, toutes les centrales du pays auront été fermées en raison de leur vieillissement, sauf celle de Sizewell B, qui doit rester en activité jusqu'en 2035.

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