Renault mis en cause par un rapport sur le stress

Un tiers des salariés du centre technique Renault de Guyancourt (Yvelines) sont toujours " sous tension " , ont annoncé hier des élus du personnel lors d'une conférence de presse. Selon le rapport final du cabinet d'expertise Technologia, ce pourcentage est nettement supérieur aux 10,3 % enregistrés en moyenne sur la population française des ingénieurs et cadres. Un constat inquiétant, établi sur la base de 6.506 réponses à un questionnaire et de 122 entretiens, d'après les élus. Le cabinet, mandatée par le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), a réalisé son enquête en juin et juillet 2007, soit trois mois après le lancement par Renault d'un programme justement destiné à mieux prendre en compte le stress au Technocentre, là où sont conçus tous les modèles du constructeur. Trois salariés s'y étaient suicidés entre novembre 2006 et février 2007, créant une émotion considérable au sein de l'entreprise. Ce centre emploie 11.000 personnes." SITUATIONS DE SOUFFRANCE"D'après les conclusions de Technologia, remises le 20 décembre aux élus, mais divulguées publiquement hier, " de nombreux salariés sont contraints d'effectuer une quantité excessive de travail pour répondre aux prescriptions ". Technologia affirme avoir " pu observer des situations de souffrance chez des salariés, qui vivent une mise à l'écart ou une non-reconnaissance de leurs compétences ".L'expertise stipule que " la montée en puissance de la charge de travail, liée au contrat Renault 2009, s'est faite sans que l'organisation du Technocentre ne fût prête. [...] Cela s'est traduit par l'attribution de responsabilités et d'objectifs excessifs, par une accentuation de la mauvaise répartition de la charge de travail, par la mise en difficulté d'une partie des salariés ". Pour remédier à cette situation de stress, le rapport préconise notamment une meilleure régulation de la charge de travail ainsi qu'une gestion plus adéquate des mobilités et des parcours, soulignent les élus." HARCELEMENT MORAL"Le Technocentre est sur la sellette. L'inspection du travail a, en effet, envoyé récemment un " avertissement " au constructeur , envisageant de dresser un procès-verbal pour " harcèlement moral institutionnel et obstacle à l'accomplissement des missions " de l'inspection. Renault a confirmé avoir reçu ce courrier, qui lui " demande de fournir des éléments complémentaires " . L'inspection du travail reproche en particulier à Renault de ne pas se donner les moyens de contrôler effectivement les horaires de travail de ses cadres et leurs dérives.

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