Siemens espère un accord avec la SEC

Comme grand thème pour l'assemblée générale de ses actionnaires hier, le groupe avait choisi la phase " Siemens répond ". Le conglomérat savait qu'il y aurait des questions, tant les rebondissements ont été nombreux dans la vie du groupe en 2007. Et des questions, il y en eut parmi les 10.000 actionnaires qui avaient fait le déplacement.Siemens toutefois n'avait pas la plupart des réponses. Car le sujet de prédilection concernait les affaires de corruption. " Qui est responsable et qui porte la responsabilité de toutes ces affaires ? " ont demandé plusieurs représentants de petits actionnaires, effarés que 160 ans d'histoire aient été réduits en cendres par le comportement irresponsable de quelquessalariés sans que la direction ne soit intervenue.Dans son discours, Peter Löscher, le nouveau président de Siemens entré en fonctions en juillet, a critiqué la gouvernance de ses prédécesseurs. " Le comportement de certains a plongé notre groupe dans sa plus grave crise et nous aurons encore besoin de beaucoup d'années avant qu'elle ne soit digérée ", a-t-il insisté. La situation est suffisamment grave pour que la famille Siemens, qui détient toujours 6 % du capital, publie un communiqué officiel pour dire combien les scandales l'ont choquée et souligner qu'elle soutient totalement les investigations en cours qui doivent faire la lumière sur les dérapages.CHASSE AUX SORCIERES Ceux-ci commencent à coûter cher. Outre les dommages immatériels impossibles à quantifier, ils ont déjà mobilisé 1,5 milliard d'euros en frais d'avocats, d'amendes et de sanctions fiscales. Et l'addition n'est pasachevée. Tant que les avocats deDebevoise enquêtent en interne sur le dossier, il en coûte à Siemens 1,7 million d'euros par jour ouvrable. Mais c'est sans compter les nouvelles découvertes. Le groupe a identifié jusqu'à présent 1,3 milliard de paiements douteux. S'y ajoutera l'amende que la SEC, le gendarme de la Bourse de New York, décidera d'imposer au groupe. L'incertitude pourrait bientôt être levée, les autorités américaines ayant accepté d'engager des discussions officielles pour déterminer le montant de la sanction. Une bonne nouvelle pour le groupe dont l'ambiance en interne souffre indubitablement, surtout depuis que la chasse aux sorcières est ouverte. Les experts sont persuadés que certaines têtes pourraient encore tomber.Hier en tout cas, le groupe a renoncé au vote du quitus des comptes pour les membres du directoire - à l'exception de Peter Löscher - et pour Heinrich von Pierer, son ancien président du conseil de surveillance. Une procédure exceptionnelle dans une grande entreprise allemande. De son côté, Jean-Louis Beffa, le président du conseil d'administration de Saint-Gobain, fait son entrée au conseil de surveillance.Des résultats meilleurs que prévuParadoxe. Siemens vit la crise la plus grave de son histoire récente mais ses résultats explosent. Le groupe a annoncé hier un résultat net de 6,48 milliards d'euros pour son premier trimestre d'exploitation, dépassant nettement les prévisions. Le chiffre d'affaires a été en hausse de 8 % à 18,40 milliards, les commandes grimpant de 9 % à 24,24 milliards et le bénéfice opérationnel de 16 % à 1,7 milliard. Même aux Etats-Unis, où le groupe craint une lourde amende de la SEC (lire ci-contre) et où la conjoncture s'assombrit, il juge ses perspectives très satisfaisantes. Comme prévu, il a relevé les objectifs de marges de ses divisions énergie (11 à 15 %, contre 9 à 13 %) et industrie (9 à 13 %, contre 9 à 11 %), les marges dans sa division santé étant de 14 à 17 %.

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