Sagem se cache sous d'autres marques

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Nous ne redeviendrons pas le numéro un français. " Thierry Buffenoir, le PDG de Sagem Mobiles, ne se berce pas d'illusions. Le dernier fabricant de téléphones mobiles français, qui caracolait en tête des ventes dans l'Hexagone en 2003, devant Nokia et les autres poids lourds du secteur, a décidé de " ne plus courir après la part de marché ". La sienne s'est effondrée en quatre ans de 27 % à 13 %, le reléguant au troisième ou quatrième rang. En décembre, son modèle ultra-plat 220x s'étant hissé en tête des ventes en France, sa part de marché en volume est remontée à 17,2 % sur un mois, selon l'institut GfK. Toutefois, son poids moindre en valeur (7 % environ) le place au cinquième rang, derrière LG.La filiale du groupe d'aéronautique Safran n'est plus qu'un petit acteur de cette industrie : le chiffre d'affaires de Sagem Mobiles, qui frôlait le milliard d'euros en 2006, a fondu de 31,5 % l'an, passé à 656 millions d'euros, à comparer aux 25 milliards de Nokia ou aux 7,8 milliards de LG, le cinquième mondial... Thierry Buffenoir est conscient que " Sagem pèse moins de 2 % du marché et ne peut être un grand acteur mondial présent dans tous les pays ", à moins de promouvoir massivement la marque,sans certitude de retour sur investissement.Pour survivre face à des géants dans ce marché ultraconcurrentiel, Sagem Mobiles a adopté à la fin de 2006 une nouvelle stratégie qui doit lui assurer " la pérennité et un retour à une situation profitable au cours de 2008 ". Safran pourrait profiter du retour au profit pour céder sa filiale éloignée de son coeur de métier. Partant du principe qu'il faut " des volumes importants pour être compétitif et des alternatives à la marque Sagem, dont la faiblesse constitue un handicap ", les dirigeants se sont orientés vers la conception pour le compte de tiers (" ODM " pour original design manufacturer), en marque blanche pour de grands noms de la téléphonie mobile tels que Sony-Ericsson et les opérateurs Vodafone et Orange. Sagem Mobiles a aussi créé un département " marques " pour développer des partenariats, sous licence, avec des griffes de prêt-à-porter telles que Lulu Castagnette, Façonnable ou Oxbow.UNE PARTIE DE LA R&D IMPLANTEE EN CHINETous ses téléphones GSM sont fabriqués à Ningbo, au sud de Shanghai, où Sagem a monté une coentreprise avec le premier fabricant de mobiles chinois, Bird, en 2002, qui emploie 2.500 personnes. Une partie de la R&D (400 à 500 personnes) se trouve en Chine, l'autre à Cergy. Les modèles 3G sont, eux, conçus à Fougères, en Bretagne. " Nous avons mis du temps à mettre au point la technologie 3G, cela nous a coûté beaucoup d'argent et notre première place ", analyse le PDG de Sagem Mobiles. Le groupe doit lancer des mobiles HSDPA dans les semaines à venir.

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