Électricité : vers une voie alternative en Europe

La France, l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg et la Lettonie ont relancé hier le débat sur la " séparation patrimoniale " des activités de production et de transport des grands groupes gaziers ou électriques proposée par la Commission en septembre. Toujours aussi " fermement opposés " à cette formule, ils ont déposé sur la table du commissaire Andris Piebalgs une proposition alternative commune, baptisée " Effective and Efficient Unbundling " (EEU). La balle est maintenant dans le camp de la Commission, qui devra se prononcer sur ces arguments, et de la présidence slovène de l'Union, qui gère le calendrier des travaux ministériels. Avec, pour Paris, le souci de voir un compromis conclu à Vingt-Sept avant sa présidence, au second semestre.Grâce à l'EEU, assurent les pays défenseurs de la proposition, le découplage serait " effectif " car il répondrait à l'objectif d'une libéralisation accrue du marché de l'énergie. Et " efficace " car il garantirait une concurrence loyale, stimulerait les investissements, favoriserait l'arrivée de nouveaux opérateurs et contribuerait à l'intégration des marchés.INTEGRATION DES MARCHESL'EEU est basé sur deux piliers. D'une part, une organisation qui assure une indépendance réelle au gestionnaire de réseau (TSO) en termes d'actifs, de personnel, de ressources financières et d'identité. Un " inspecteur de conformité " veillerait, sous le contrôle de la puissance publique, à cette gestion non discriminatoire. Ce dispositif, est-il noté, irait " bien au-delà " de la séparation " juridique " actuelle et ne serait pas sans conséquences pour les groupes.Le second pilier a trait aux investissements dans les réseaux, l'intégration des marchés et la connection avec de nouvelles centrales qu'il s'agit de faciliter, afin de leur permettre d'échapper aux voies discrétionnaires des gestionnaires de réseau.Pour les investissements, chaque pays serait tenu d'adopter, après consultations et en toute transparence, un plan national décennal. Durant son exécution, en cas de refus de réalisation d'un projet, le régulateur national aurait le pouvoir de forcer la main du gestionnaire ou d'organiser un appel d'offres pour passer outre. Quant à l'intégration des marchés, il est proposé de pousser les coopérations régionales, avec possibilité de désigner des coordinateurs régionaux.

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Commentaires 2
à écrit le 12/11/2021 à 8:55
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Ah oui la concurrence non faussée qui devait faire baisser les prix Depuis que l'Europe s'est mêlée de ce marché les prix s'envolent (+ 50 à +60% rien que pour l'électricité!!!). Il est urgent de libéraliser ce marché de l'Europe ! A savoir que l'E...

à écrit le 09/11/2021 à 17:25
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Il faut leur envoyer le général Cambronne. Chaque pays possède une spécificité qui participe au renforcement des 27 ou 28 (combien déjà?) en voulant mettre tout le monde sur la même norme il n'y a plus qu'un seul gagnant et les autres à la ramasse.

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