Exxon Mobil affiche le plus gros profit de l'histoire

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La major américaine Exxon Mobil n'a pas démérité de son rang de premier pétrolier mondial. À 11,66 milliards de dollars au quatrième trimestre ou 40,6 milliards sur l'ensemble de l'année 2007, le groupe a engrangé le bénéfice net le plus élevé de son histoire. C'est le plus gros profit annuel jamais réalisé par une entreprise. Porté par la hausse du cours du baril de brut, qui a frôlé les 100 dollars au cours du quatrième trimestre en raison des tensions sur l'offre, des risques géopolitiques et de la faiblesse du billet vert, le géant a ainsi battu ses précédents records.À première vue, Exxon Mobil a donc enregistré une performance plus que satisfaisante, aux États-Unis comme à l'international. Mais cette année historique ne doit pas masquer les difficultés du géant américain et du secteur dans son ensemble. Si des volumes accrus liés à des projets au Qatar et en mer du Nord ont compensé les effets négatifs des quotas de l'Opep, la production d'Exxon en 2007 n'a progressé que de 1 %. " Afin de satisfaire aux besoins énergétiques mondiaux, nous avons augmenté nos investissements de 5 % à 20,8 milliards de dollars ", a pourtant expliqué son président Rex Tillerson. Et c'est là que le bât blesse, selon plusieurs observateurs. " S'ils consacrent 21 milliards aux investissements et qu'ils ne peuvent augmenter leur production avec leur technologie [...] cela n'est pas de très bon augure pour le secteur en général ", de l'avis de Chris MacDonald, gérant chez WHG Fund.Cette incapacité à augmenter sa production a aussi affecté l'an dernier plusieurs de ses concurrents. Tel Chevron, qui, après avoir accusé un repli de 1,6 % en 2007 à 2,61 millions de barils/jour, ne prévoit qu'une augmentation de 1,2 % de sa production cette année.CRAINTES DE TAXATION ACCRUE AVEC LES ELECTIONS AMERICAINESComme son compatriote ConocoPhillips, Exxon Mobil a pris en juillet une décision de nature à peser sur l'évolution de sa production, en quittant l'un des gisements les plus prometteurs au monde : celui de l'Orénoque au Venezuela. Ils ont refusé les termes de la nationalisation partielle, imposée par le gouvernement Chavez aux entreprises mixtes exploitant le brut extra-lourd dans la région. Exxon Mobil et Conoco réalisaient respectivement 1 % et 4 % de leur production mondiale au Venezuela.Cette rupture tombe plutôt mal alors que ce pays est le quatrième fournisseur de pétrole des Etats-Unis. D'autant que la Maison-Blanche s'était fixé pour objectif de réduire sa dépendance pétrolière au Moyen-Orient. Les majors américaines pourraient aussi pâtir du résultat des élections américaines. Leurs profits record commencent à donner des idées à certains candidats démocrates, qui n'excluent pas une taxation accrue.

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