Le BTP se mobilise contre le pillage des chantiers

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Le pillage gangrène nos chantiers. " Christian Baffy, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), a dénoncé hier avec force la recrudescence sur les chantiers des vols de métaux, d'équipements, d'outillage, de matériel et même d'engins comme cette grue volée dans les Bouches-du-Rhône et retrouvée à Fos-sur-Mer. Sur 3.000 entreprises de 95 départements sondées cet automne par la FFB, 67 % déclarent avoir été victimes d'au moins un vol. La SMABTP, un assureur spécialisé, a vu le nombre des sinistres liés à des vols ou à des actes de vandalisme passer de 25 % en 2000-2001 à 43 % en 2006-2007 - 46 % des vols et dégradations survenant le week-end.Fabien Crief, patron d'une PME du Val-de-Marne, qui emploie 300 salariés, a décrit les vols de métaux, de câbles, de fils mais aussi de tableaux électriques subis par son entreprise et qui n'ont fait que s'accroître avec la flambée des cours du cuivre. Il chiffre son préjudice en 2007 à 400.000 euros pour les coûts directs (soit 1,15 % de son chiffre d'affaires) et à 280.000 euros pour les coûts indirects (pénalités de retard, coûts de réparation, etc.). À la fin janvier, il avait encore enregistré pour 80.000 euros de vols supplémentaires.La FFB évalue à 1,5 milliard d'euros par an à l'échelle nationale le coût de ces vols et de leurs effets collatéraux, soit près de 1 % du chiffre d'affaires de la branche. Mais le phénomène dépasse le secteur de la construction. La Fédération des métaux non ferreux (Fedem) tout comme la Fédération des entreprises de recyclage (Federec) déplorent elles aussi une multiplication des vols de cuivre, de nickel ou de plomb, commis parfois avec braquages. Ecologic, un éco-organisme chargé de collecter et traiter les déchets des appareils électriques et électroniques, relève que les vols de métaux dans les déchetteries peuvent faire perdre tout intérêt économique à la récupération des déchets électriques et électroniques ménagers.CONTROLES RENFORCESLa ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a promis hier aux professionnels du bâtiment de les aider à lutter contre ces vols qui constituent " une menace pour l'économie des entreprises, pour la sécurité des chantiers et pour la protection de nos concitoyens contre le terrorisme " - certains explosifs volés sur des chantiers pouvant être utilisés pour confectionner des bombes. Les contrôles des policiers et gendarmes seront renforcés dans les zones les plus exposées : Rhône-Alpes, Paca et les zones frontalières.Michèle Alliot-Marie a aussi incité les entreprises à accroître les mesures de protection de leurs chantiers, en installant des caméras vidéo ou en mettant en sécurité le stockage des matériaux.

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