La France, locomotive du cinéma européen

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Trois films français sur les six européens en compétition officielle : la sélection du Festival du Cannes reflète le poids du cinéma hexagonal en Europe. Selon les données de l'Observatoire européen de l'audiovisuel, sur 764 films produits en 2004 dans l'Europe des Vingt-Cinq (contre 611 aux Etats-Unis), dont 689 dans l'Europe des Quinze, 167 sont français. Le Royaume-Uni voit sa production nationale se réduire année après année, passant de 80 films en 1999 à 47 en 2004. En revanche, l'Italie se maintient à un niveau de 100 à 110 films par an ; l'Espagne oscille entre 85 et 100 films produits par an. Conséquence de la santé de la production locale : c'est en France que la part de marché du cinéma américain dans les entrées en salles est la plus faible d'Europe, avec 47,4 % en 2004 (en baisse de 4,8 points par rapport à 2003), contre 71,4 % (en hausse de 0,3 point) en moyenne dans l'Europe des Vingt-Cinq. Et près d'un ticket de cinéma sur dix vendus en Europe l'est pour un film français.Art et essai. C'est aussi en France que la fréquentation des salles est la plus forte, avec 194,8 millions d'entrées en 2004 (en hausse de 12,4 %), contre à peine 150 en Allemagne, et un indice de 3,33 entrées par habitant, bien supérieur à la moyenne de 2,22 dans les vingt-cinq pays de l'Union. Avec quelque 2.000 écrans classés "art et essai", sur un parc stable de 5.302 écrans, en 2004, nous faisons des envieux chez nos voisins.La France est "le dernier endroit où il existe autant de salles "art et essai" qui se battent pour le cinéma auquel j'ai toujours cru", a affirmé la réalisatrice allemande Helma Sanders, lors d'une conférence-débat organisée à Cannes hier. Les salles "art et essai" y béné- ficient d'une subvention de 5 à 10 % de leur chiffre d'affaires annuel.Le dispositif de soutien à l'industrie du cinéma, basé sur le principe d'une redistribution d'une partie des recettes - qui viennent des entrées salles, de la vidéo, des télévisions... - contribue indiscutablement à faire de "la France, le seul pays où il existe une vraie résistance à l'hégémonie du cinéma hollywoodien", a déclaré le réalisateur espagnol Fernando Trueba, lors de cette conférence.En 2004, le Centre national de la cinématographie a estimé la valeur économique du cinéma français - recettes salles, vidéo, achats des télévisions, valeur des films produits - à 3,5 milliards d'euros. Les aides à la production, la distribution et l'exploitation gérées par le CNC se sont élevées à 7,5 % de ce total, soit 258,7 millions d'euros.Isabelle Repito

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