"2006 sera l'année du rétablissement pour le Monde"

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Le Monde, dont les actionnaires se réunissaient hier en assemblée générale, lève donc 52,5 millions d'euros en accueillant Lagardère, Prisa et la Stampa dans son capital. Pour atteindre les 65 millions d'euros escomptés, le groupe de presse sollicitera les entreprises "amies" du quotidien (Air France, Artémis, BNP Paribas, etc.). Par ailleurs, Publicis et Lagardère se sont entendus pour créer une société, contrôlée respectivement à 49 % et 51 %, qui sera actionnaire à 51 % du Monde Publicité. La régie publicitaire du monde sera dirigée par la présidente de Lagardère Active Publicité, Constance Benqué, une fidèle d'Arnaud Lagardère.Le Monde a-t-il bouclé sa recapitalisation ?- Lagardère, le groupe de presse espagnole Prisa et le quotidien italien la Stampa prennent respectivement environ 17 %, 15 % et 3 % du Monde SA investissant chacun 25, 25 et 2,5 millions d'euros. Avec le groupe Lagardère, des accords publicitaires vont être mis en place. D'une part, entre Interdeco (la régie d'Hachette Filipacchi Médias du groupe Lagardère) et Publicat pour la partie magazine ; d'autre part entre Régie 1 (la régie d'Europe 1) et le Monde Publicité pour le quotidien. Avec Prisa, partenaire historique du Monde, des accords commerciaux sont prévus notamment pour développer des plus produits, mais rien ne verra le jour avant 2006.Mais "le Monde" souffre plus que ses concurrents...- Toute la presse quotidienne a pris de plein fouet la crise. De plus, depuis deux ans, notre quotidien a souffert d'un flot de critiques. En 2004, la diffusion France payée du journal a reculé de 4,19 %. Sur les six premiers mois de 2005, elle baisse encore de 3 points. Mais sur dix ans nous restons avec une progression de 3 points de la diffusion en France. Cela dit, il faut redynamiser le journal et une nouvelle formule pilotée par Eric Fottorino verra le jour à l'automne.Quels principes dirigent cette nouvelle formule ?- Le Monde doit se concentrer sur son expertise, avec une obsession : le retour à une fiabilité absolue. Nous devons rechercher la plus-value pour quelqu'un qui est déjà très bien informé. Pour progresser dans le confort de lecture, la typographie va changer et nous aurons davantage recours à la photo et à l'infographie. Le journal sera construit autour de trois rythmes, mais en une seule main.La crise est-elle derrière vous ?- La vie de notre groupe a pâti de la priorité donnée au quotidien touché par des voies d'eau. Une restructuration majeure a touché le quotidien et l'imprimerie avec une réduction de 20 % des effectifs. La finalisation du plan de départs volontaires est suspendue à la signature d'un décret (dans le cadre des aides de l'Etat à la presse) que Jean-Pierre Raffarin n'a pas voulu signer en quittant Matignon. Désormais, des efforts vont être portés sur la partie magazine afin de lui donner une nouvelle cohérence. Télérama et la Vie préparent ainsi des nouvelles formules.Mais financièrement, le groupe affiche plus de 60 millions d'euros de perte...- La maison Monde tient ses objectifs et la situation ne se dégrade plus. 2005 marquera le retour à l'équilibre d'exploitation pour le groupe, même si le quotidien restera déficitaire. Nos pertes nettes seront réduites. Mais, 2006 sera le grand rendez-vous économique pour nous, avec le rétablissement de tous nos équilibres. Et grâce aux effets mécaniques de la baisse des effectifs notre équilibre économique ne dépend pas de la nouvelle formule.La politique des produits dérivés sera-t-elle développée ?- Le Monde est dans son rôle de prescripteur de biens culturels. Nos ambitions sont plus modestes que Prisa, dont le chiffre d'affaires est réalisé pour un tiers par ces produits. En moyenne, la vente de DVD nous a permis d'augmenter de 20 % les ventes du samedi. Du côté des livres d'art, les premiers résultats sont encourageants : plus 20 % des ventes le vendredi. En 2005, les produits dérivés produiront 15 millions de chiffre d'affaires.La Société des rédacteurs du Monde réfléchit à une dissociation du directeur du journal et directeur du groupe Le Monde.- Mon mandat court jusqu'en 2007.Propos recueillis par Sandrine Bajos et Jean-Baptiste Jacqu

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