Le shopping sur mobile séduit au Japon

L'e-commerce décolle à peine au Japon qu'un nouveau mode de consommation bouscule les habitudes de l'archipel : le "m-commerce". Comprenez le commerce mobile, c'est-à-dire le shopping par téléphone portable. Selon une enquête de l'association professionnelle Mobile Content Forum, le commerce à partir des mobiles y a progressé de 70 % en 2003, pour atteindre 170 milliards de yens (1,3 milliard d'euros). Les recettes publicitaires suivent : l'an dernier, elles ont augmenté de 80 %, estime l'agence publicitaire Dentsu.Pourquoi une telle envolée ? Le shopping n'est pas forcément une partie de plaisir pour les Japonais, soumis à de longues heures de transport pendant lesquelles ils peuvent pianoter sur leur téléphone mobile.Formules forfaitaires. Hier, les transactions étaient freinées par l'obstacle du coût, mais l'introduction de formules forfaitaires par les opérateurs supprime progressivement cet obstacle. La résolution des écrans s'améliore, et les Japonais se convertissent rapidement à la troisième génération de téléphonie mobile, à très haut débit, qui réduit le temps nécessaire aux transactions.Dernier facteur, crucial mais propre à l'archipel : au lieu de payer en ligne, les Japonais, généralement, se font livrer l'objet acheté au "convenience store" le plus proche de chez eux (l'archipel est quadrillé par ces épiceries de type 7-Eleven ou Lawson), et règlent en espèces quand ils le récupèrent. Comme toujours dans le mobile au Japon, ce sont les jeunes femmes qui tirent la demande, en achetant des produits de beauté. Les portails Internet classiques s'adaptent. Yahoo Japan promet une galerie marchande virtuelle entièrement disponible cet été à partir des mobiles. Rakuten et Netprice multiplient les services innovants.L'étape suivante du "m-commerce" est de faire du téléphone portable un moyen de paiement. Certaines applications se développent rapidement pour des achats de biens ou de services de montants unitaires modestes. Une société de crédit japonaise, JCB, a lancé la semaine dernière avec une société de taxis de Yokohama une solution qui permet de régler la course en moins de cinq secondes avec un téléphone portable. La transaction se fait en effleurant avec le téléphone un lecteur de carte à puce sans contact embarqué à bord du taxi. Le client qui aura téléchargé sur son portable le logiciel de carte crédit virtuel de JCB sera prélevé en fin de mois. A ce jour, quelque 5 millions de Japonais sont pourvus d'un téléphone portable qui peut être utilisé pour ce type de services.Régis Arnaud, à Tokyo

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