Anne-Marie Idrac attendue avec fébrilité à la SNCF

La SNCF a vu dès hier partir son patron, Louis gallois, chez EADS (voir page 10). Elle attend maintenant avec une certaine fébrilité son successeur qui n'est autre qu'Anne-Marie Idrac, la présidente de la RATP.La SNCF, qui aura pour la première fois une femme à sa tête, a confirmé hier la tenue d'un conseil d'administration exceptionnel demain, pour proposer la nomination d'Anne-Marie Idrac à la présidence. Un conseil des ministres est prévu le 12, qui devrait annoncer officiellement sa nomination. Elle prendra ses fonctions le 13.Mais tous les cheminots pourraient ne pas l'accueillir à bras ouverts. Certains ne voient en elle que l'ancienne secrétaire d'État aux Transports qui avait voulu fermer 6.000 kilomètres de lignes et réduire massivement les effectifs. " On risque de retourner à des affrontements traditionnels entre syndicats de gauche contre patron de droite ", regrettent plusieurs cheminots. Certains craignent que la nomination d'Anne-Marie Idrac ne remette la SNCF sous la férule des politiques dont elle s'était en partie libérée sous l'ère Gallois.Toutefois, si la CGT, majoritaire dans l'entreprise, a annoncé hier qu'elle ferait opposition à l'accord d'intéressement, ce n'est pas un signe de défiance envers Anne-Marie Idrac. Le syndicat avait déjà fait de même face à son prédécesseur.Professionnelle du transport. Hier, en marge de l'inauguration des travaux de la branche Est du TGV Rhin-Rhône, le ministre des Transports, Dominique Perben, défendait en tout cas cette nomination : " C'est une vraie professionnelle du transport qui, à la RATP, a su montrer qu'elle pouvait mettre en oeuvre une politique de dialogue social. Elle a su montrer ses vrais talents en mettant en oeuvre une politique de modernisation de la RATP et une politique de dialogue social. " Le ministre a précisé que la mission qui lui est confiée est de " poursuivre la modernisation de la SNCF et le maintien du dialogue social ". Dans l'entourage du ministre des Transports, on souhaite que l'actuel numéro deux, Guillaume Pépy, dont certains pensaient qu'il succéderait à son patron, reste dans l'entreprise.Louis Gallois aura en tout cas quitté le siège de la SNCF très ému, dans un atrium noir de monde. Il s'est vu offrir une panoplie complète d'agent qui siffle le départ des trains (casquette, clé de Berne, palette...). De quoi détonner autour des Airbus d'EADS.

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