Tempête sur les énergies renouvelables

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S'il est un secteur qui est à mettre au rang des principales victimes du " krach " boursier de ce début d'année, c'est bien celui des énergies renouvelables. L'indice Dow Jones énergies renouvelables européennes accuse ainsi un recul de 23,6 % entre le 1er et le 18 janvier. En première ligne, on trouve le secteur solaire. Le fabricant allemand de panneaux solaire Q-Cells a ainsi vu fondre sa capitalisation de 3,3 milliards d'euros en trois semaines, soit 32 % de sa valeur du début de l'année. Sur la seule séance de vendredi, le groupe norvégien REC, leader du solaire en Europe, a cédé 21,9 %.Première explication à cette " purge " : les prises de bénéfices, selon l'adage très en vogue ces temps-ci sur les marchés : les premiers des trois dernières années sont les derniers aujourd'hui. L'action Q-Cells avait ainsi été multipliée par quatre entre son introduction en octobre 2005 et fin 2007.Mais ce n'est pas tout : l'environnement a changé et, souligne Béatrice Coquelin, responsable de la gestion thématique chez UFG, le marché " est plus suspicieux ". La chute de REC est ainsi intervenue après l'annonce d'un doublement de ses investissements. On se rend compte à nouveau que ces sociétés ont besoin de cash et que, dans le contexte actuel, ces liquidités seront plus difficiles à trouver. De plus, ajoute Béatrice Coquelin, " la baisse récente du prix du pétrole rend les énergies renouvelables beaucoup moins compétitives ". D'autant que certains redoutent une baisse des subventions en Allemagne et en Espagne. Enfin, la pénurie de silicium permettait à certains groupes d'avoir des marges artificiellement très élevées. En 2009, la situation devrait redevenir normale, ce qui entraînera une baisse des prix et des marges. Or, constate Béatrice Coquelin, " on ignore encore l'élasticité de la demande par rapport à cette baisse des prix ".PUR " PHENOMENE DE MARCHE "Dans ce contexte d'incertitude, les valorisations du secteur, où les cours payaient 35 fois les bénéfices 2009, n'étaient plus tenables. " Les capitalisations boursières des acteurs reflètent excessivement les cours ", soulignaient mercredi dans une note les équipes de la Société Générale qui estimaient cette surévaluation encore à 20 %. Mais Gabriel Micheli, analyste pour la société de gestion suisse Pictet, rappelle que, " depuis le début de l'année, rien de fondamental n'a changé pour les entreprises ". Pour lui, il s'agit d'un pur " phénomène de marché " qui ne doit pas faire paniquer l'investisseur long terme.

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