Les subventions agricoles dans le collimateur

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Injecter un peu de libéralisme dans le monde ultra-protégé des agriculteurs américains. C'est le pari, du moins l'intention affichée du président George W. Bush pour l'année fiscale 2006. Le projet de budget 2006 comprend ainsi, outre une diminution du budget de fonctionnement du ministère de l'Agriculture, d'importantes réductions (- 2,9 %) des subventions agricoles (lire aussi page 9). Le texte prévoit notamment que chaque agriculteur ne pourra recevoir plus de 250.000 dollars contre une limite actuelle de 360.000 dollars. De même, le projet anticipe une diminution de 587 millions de dollars du total des subventions. Et George W. Bush entend inscrire cette baisse dans la durée avec pour objectif d'économiser 5,7 milliards de dollars sur dix ans. Enfin, les dépenses de l'Etat fédéral en matière d'assurances agricoles devraient être entamées de 140 millions de dollars au titre de l'année fiscale de 2007.Jusqu'à présent, George W. Bush s'était bien gardé de s'attaquer au lobby agricole, dont la préférence politique a clairement penché en faveur des républicains au cours de la dernière décennie. En 2002, le président américain avait même provoqué la colère de nombreux pays agricoles en faisant voter une loi qui accordait 180 milliards de dollars de subventions sur dix ans. Pour mémoire, le gouvernement fédéral a versé 10,6 milliards de dollars de subventions durant l'année fiscale 2004 et ce chiffre devrait atteindre les 19 milliards de dollars pour l'exercice 2005.Aux Etats-Unis, les commentateurs restent toutefois sceptiques quant à la capacité de la Maison-Blanche de mener à bien cette remise en cause de la situation de rente dont bénéficie le monde agricole américain. Un bénéficie qui, au passage, est réparti de manière totalement inégale, puisque seul un tiers des 2,1 millions agriculteurs bénéficient des aides, et que 10 % d'entre eux se partagent 72 % des subventions."Nous allons mener une bataille acharnée contre ces subventions", a d'ores et déjà averti le sénateur républicain Saxby Chambliss, qui est d'ailleurs à la tête du comité agricole au Sénat. De même, les doutes sont nombreux sur la possibilité de faire respecter le plafond de 250.000 dollars. Jusqu'à présent, et malgré l'existence d'un seuil à 360.000 dollars, il était très aisé pour les agriculteurs de contourner l'obstacle et de bénéficier d'aides deux à trois fois plus importantes. Akram Belkaïd

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