AIG doit d'abord rassurer

Le comité d'accueil est particulièrement réussi : à peine nommé à la tête de AIG pour remplacer Maurice Greenberg, Martin Sullivan doit faire face aux fourches Caudines des agences de notation. Le colosse de l'assurance risque de perdre de sa superbe... Standard and Poor's a indiqué qu'elle envisageait d'abaisser le prestigieux "AAA" de l'assureur, tandis que Fitch est passé à l'action, en dégradant le groupe à "AA+", contre "AAA" précédemment.Sitôt nommé, Martin Sullivan doit rassurer. Il affirme que ces révisions de note ne devraient pas avoir d'effets notables sur les résultats 2004 d'AIG déjà publiés. Au cours d'une conférence de presse téléphonique, il s'est voulu combatif. "Nous ne pouvons ignorer les problèmes que nous-mêmes et le secteur doivent résoudre. Notre réussite sera mesurée en bonne partie à notre capacité à bien résoudre ces problèmes", a-t-il affirmé.Toutefois, Martin Sullivan s'est montré très allusif sur les actions en cours de la justice. L'assureur déclare mener actuellement ses propres investigations et ne s'exprimera qu'ensuite sur une éventuelle révision de ses comptes. Seule certitude : le rapport d'activité où doit être signalé toutes les opérations ne sera pas remis à la Securities and Exchange Commission (SEC) avant quinze jours. Au départ, le groupe espérait qu'il serait prêt le 16 mars au plus tard.Une situation inédite. Sans attendre, le nouveau président d'AIG sait qu'il doit prendre son bâton de pèlerin pour convaincre les marchés financiers. Au cours de ce mois et jusqu'à lundi soir, l'action a chuté de 13 % en Bourse. A son actif, sa parfaite connaissance de l'entreprise. Agé de 50 ans, Martin Sullivan, anglais d'origine, est entré chez AIG en 1971, alors qu'il était encore adolescent. Il a monté progressivement toutes les marches, et il était depuis deux ans directement rattaché à Maurice Greenberg. Il devra néanmoins s'adapter à une situation inédite. Il lui faut au pied levé gérer une crise sans précédant, alors que le groupe était habitué à surfer sur la prospérité.Les attentats du 11 septembre 2001, comme les grandes catastrophes naturelles de l'année dernière, n'ont pas eu d'impact significatif sur les comptes. Dès lors, pour Martin Sullivan comme pour le groupe, ce changement de décor ne sera pas facile à opérer.S. R.

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