Les ténors de l'Europe centrale tiennent à leurs subventions

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La Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie, qui forment ensemble le groupe de Visegrad, serrent les rangs dans l'espoir de sauver leurs subventions promises dans le cadre du budget pluriannuel de l'Union pour la période 2007-2013. "Nous sommes très proches d'un compromis. La question est de savoir si l'argent ira en Espagne ou plutôt en Pologne", selon Marek Belka. La sincérité désarmante du Premier ministre polonais n'étonne pas. Conscient que la partie se jouera en vérité entre Paris, Berlin et Londres, rassuré par les savants calculs de sa cohorte de comptables selon lesquels Varsovie bénéficiera de toute façon de plus de 60 milliards d'euros net dans les années 2007-2013 (un record chez les Vingt-Cinq), le chef du gouvernement tourne la page du débat sur le pourcentage de la richesse européenne pour se pencher sur une structure du budget favorable à la Pologne.Pour cela, Marek Belka aura réanimé le groupe de Visegrad, voire pris ses commandes, en réunissant dans le pittoresque Kazimierz Dolny, un village à 120 kilomètres au sud de Varsovie, son homologue tchèque Jiri Paroubek, slovaque Mikulas Dzurinda et hongrois Ferenc Gyurcsany. Les ténors de l'Europe centrale chanteront donc en choeur les 16 et 17 juin pour faciliter l'accès aux fonds européens. Avec, comme refrain, une prolongation de deux à trois ans de leurs délais d'accès (de trois à quatre ans pour les fonds de cohésion), un taux de participation des pays bénéficiaires réduit (de 25 % à 20 %, voire 15 % ou 10 %), et des fonds plus généreux pour le développement rural. Reste que la déclaration des quatre pays du groupe de Visegrad ne va pas plus loin.Revendication. Pour Varsovie, le plafond de 4 % du PIB pour l'absorption des fonds européens, contre les 3,9 % proposés par le Luxembourg, reste crucial, la différence ne représentant pas moins de 1,4 milliard d'euros. Et sera de facto la seule revendication où la Pologne devrait se montrer intransigeante. Autre ombre au tableau, le cours des changes, selon lequel on calcule les fonds alloués. Tandis que la Pologne souhaitait prendre comme base le cours prévu pour 2006 (4,08 zlotys pour 1 euro, le Luxembourg s'obstine à faire référence au mauvais cours record de 2004 de 4,53 zlotys pour 1 euro). Un trou de 6 milliards d'euros dans la manne bruxelloise.Varsovie se console cependant en calculant les pertes résultant des coupes proposées par le Luxembourg. Pour les aides régionales, elles ne perd que 4 %. A titre de comparaison, le Danemark perdrait 45 %, la Belgique 40 % et la France près de 20 %. Selon le quotidien Gazeta Wyborcza, le Luxembourg aurait accordé à la Pologne un fonds pour les régions européennes les plus démunies. Ce fonds, destiné uniquement aux régions où le PIB par habitant est inférieur à 40 % de la moyenne communautaire et le chômage dépasse 15 %, irait en conséquence uniquement aux cinq régions polonaises les plus pauvres en Europe. Varsovie espère donc que Paris, Berlin et Londres trouvent un accord.Marcin Zralek, à Varsovie

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