Familles royales et ministres sont bien servis

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"La transparence est contagieuse", se réjouit un haut fonctionnaire de la Commission. Un à un, les États membres publient la liste des bénéficiaires de la politique agricole commune. Une dizaine l'ont déjà fait. En provoquant, à chaque fois, de vifs débats.Au Danemark, la publication de ces données a montré que, outre la famille royale, Mariann Fischer Boel, alors ministre de l'Agriculture, était une grande bénéficiaire de la PAC. Cette information lui a valu quelques problèmes au Parlement européen lorsqu'elle a été nommée Commissaire... à l'Agriculture, dans l'équipe Barroso.Dans sa course pour obtenir ce maroquin à Bruxelles, elle se trouvait face au ministre néerlandais de l'Agriculture, Cees Veerman. Lui aussi, chef d'exploitations agricoles, s'est révélé un grand bénéficiaire des subsides européens. Notamment au titre des 364 hectares de céréales qu'il possède en Aquitaine... Fort opportunément, l'information a été dévoilée cet été, exactement une semaine après qu'il eut menacé de démissionner si Tony Blair faisait passer une nouvelle réforme de la PAC.L'histoire est similaire en Slovaquie. Le ministre de l'Agriculture, Zsolt Simon, était copropriétaire d'une entreprise qui a reçu près de 1,3 million d'euros de subsides européens en 2003 et 2004. Il a depuis vendu ses parts.En Grande-Bretagne (lire également page 10), la publication de ces données a montré que l'un des principaux bénéficiaires des aides agricoles était... la famille royale ! Et que le duc de Westminster avait reçu 1,2 million ces deux dernières années.Belgique. Le dossier s'est rapproché d'un coup de la France, le mois dernier. La Flandre a révélé, le 18 octobre, que les banques KBC et Crédit Agricole figuraient parmi les plus grands bénéficiaires de la PAC. Le gouvernement fédéral, qui ne verse des aides qu'aux industries transformatrices (les régions belges gèrent, elles, les aides aux agriculteurs) a publié sa liste le lendemain. Premier opérateur bénéficiaire de restitutions : la raffinerie Tirlemontoise, du groupe allemand Südzucker, qui a perçu 92 millions d'euros en 2004. La Wallonie, pour l'heure, refuse de rendre ses données publiques."C'est un véritable effet domino", souligne Jack Thurston, du German Marshall Fund, qui a été déterminant dans la publication des chiffres britanniques. "À chaque fois qu'un nouveau pays publie sa liste, cela force les autres à faire la même chose. Et désormais, cela commence à faire réfléchir."Grégoire Pinson, à Bruxelles et Eric Albert, à Londre

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