Bruxelles et Washington dubitatifs

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Une nouvelle polémique en vue à propos du textile ? Pas si sûr. À Bruxelles, d'abord, on s'étonne de l'existence aussi précoce de chiffres définitifs. L'on rappelle aussi que le report sur les quotas de 2006 ne concernait que les pulls et les pantalons. De façon générale, l'agenda bruxellois ne contient pas a priori d'éléments susceptibles d'indiquer un nouveau coup de chaud communautaire à propos de la fibre. Ceci étant, personne parmi les experts n'ignorait que le même problème se poserait pour les importations de 2006. Personne ne doutait même que la question se poserait assez vite car il paraissait prévisible que grossistes et importateurs chercheraient à "se couvrir" le plus tôt possible.Il était donc prévu que l'on puiserait dans les quotas... 2007 dès qu'il s'avérerait impossible de faire plus longtemps la sourde oreille aux entreprises qui feraient le siège des douanes nationales.Côté américain, on est dans la même expectative. Pour le moment, la Maison-Blanche entend bien profiter du répit obtenu grâce à l'accord sino-américain sur le textile conclu deux semaines avant la première visite officielle de George W. Bush dans l'ex-empire du Milieu. Sommée par certains lobbies industriels et syndicaux mais aussi par le Congrès d'endiguer la déferlante de produits textiles chinois outre-Atlantique, l'administration reconnaît toutefois officieusement avoir signé un pacte éphémère.L'accord sino-américain conclu à Londres prévoit en effet la limitation jusqu'à la fin 2008 des importations de 34 catégories de produits textiles chinois. La hausse des importations sera ainsi limitée à 10 % en 2006, 12,5 % en 2007, puis 15 % à 16 % en 2008. Cet accord jugé win-win par Pékin, expression qui en mandarin comme en anglais signifie "gagnant-gagnant", donne à la Chine la possibilité d'accroître de 3,2 % supplémentaires ses exportations sur trois ans.Si les exportations chinoises étaient jugées excessives, les "clauses de sauvegardes" prévues par les accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévoyaient jusqu'à présent de limiter leur croissance de 7,5 % par an.Malgré cet accord, le représentant au Commerce, Rob Portman, estime que le déficit commercial qu'accusent les Etats-Unis vis-à-vis de Pékin devrait atteindre le record de 200 milliards de dollars en 2005. Les importations de textile chinois, qui s'étaient inscrites à 15 milliards l'an dernier, sont attendues en hausse de 60 %.Éric Chalmet et Marc Paolo

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