Les traditionnelles valeurs refuges sont de retour

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Rebond du dollar, ruée vers l'or et les emprunts d'État des grands pays : le scénario désormais classique en temps de crise se reproduit, comme par le passé, dès que s'accroissent les tensions géopolitiques dans le monde. Alors que les prévisionnistes avaient fait tourner leurs modèles au début du semestre, pour pronostiquer dans un bel ensemble une décrue plus prononcée du dollar d'ici à la fin de l'année, il a suffi que le Proche-Orient s'embrase pour venir les contrarier et restaurer au billet vert son traditionnel rôle de valeur refuge. Au cours de la seule journée de lundi, le dollar a regagné plus de 1 % de sa valeur face aux grandes monnaies, montant à son meilleur niveau depuis trois mois face au yen, à 117,20 et depuis près d'un mois par rapport à l'euro, jusqu'à 1,2515.Énigme du marché obligataire. L'aversion au risque a également provoqué une nouvelle ruée vers l'or, déjà soutenu depuis plusieurs semaines par la recrudescence des pressions inflationnistes dans la plupart des pays occidentaux, contre lesquelles il a de tout temps constitué le bouclier suprême. L'once de métal jaune s'est retrouvée propulsée jusqu'à 676 dollars, son cours le plus élevé depuis deux mois, avant de faire l'objet de prises de bénéfice. Le niveau de 700 dollars l'once serait néanmoins à portée de vue, selon un spécialiste. Et pourquoi pas son récent point haut atteint en mai à 736, avant qu'il ne rechute jusqu'à 543 dollars l'once en juin. Une chose est sûre : la crise au Proche-Orient, doublée des inquiétudes récurrentes sur la Corée du Nord ont gommé le classique antagonisme entre les évolutions du dollar et de l'or. Reste le " conundrum " (l'énigme) du marché obligataire. Tout concourt à une tension sur les taux à long terme, à commencer par la volonté des banques centrales de les faire monter pour que les tours de vis monétaires auxquels elles procèdent, ne se heurtent pas à leur atonie. Pourtant, recherche de la qualité - dont ils ont tous les attributs du fait de leurs liquidités et de la garantie de l'État qu'ils offrent - oblige, ils se détendent. Ainsi, le rendement des OAT françaises et des bunds allemands à 10 ans a refranchi momentanément le cap des 4 %, à respectivement 3,99 % et 3,98 %, tandis que celui des emprunts d'État américains de même échéance - les T-notes - se rapprochait de la barre des 5 %, à 5,05 % au plus bas hier.

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