Le grand bond dans l'inconnu

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Et maintenant ? Tout à leur fierté d'être redevenus chinois, la plupart des 6 millions de Hong-Kongais n'en nourrissent pas moins quelques interrogations profondes sur le sort qui leur est réservé. « Est-ce que cela peut marcher ? » La principale de ces interrogations porte sur la validité de la promesse de statu quo que Pékin a résumé par la formule « Un pays, deux systèmes ». Le pouvoir central saura-t-il résister à la tentation de faire sentir son autorité à ses nouveaux sujets ? Acceptera-t-il de leur garantir des libertés n'ayant cours nulle part ailleurs dans le pays ? Sur ce point, ne nous berçons pas d'illusions, les mises en garde et la vigilance occidentales pèseront d'un poids très relatif. Pékin a su montrer qu'il n'en avait cure lorsque ses intérêts vitaux sont en cause. De plus, les autorités chinoises ne sont pas loin de penser - avec quelque raison - que l'appétit mercantile des démocraties occidentales a sérieusement amoindri leur vocation de défenseur des droits de l'homme. Le souci de ne pas insulter l'avenir et surtout de ne pas hypothéquer les chances de ramener, un jour, Taiwan - et l'an prochain, l'enclave portugaise de Macao - dans le giron national guidera plus vraisemblablement les pas et les décisions de Jiang Zemin, Li Peng et consorts. Avant de se suicider pour échapper à l'envahisseur mongol, un empereur chinois avait jadis écrit en lettres de sang sur les murs de son palais : « Epargnez mon peuple et ne gardez pas mes ministres. » On veut croire que le maintien de quelques responsables de l'administration britannique ne sera pas de mauvais augure pour le peuple de Hong Kong.

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