L'abonné du Logement

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Louis Besson a retrouvé dans le gouvernement de Lionel Jospin un portefeuille qu'il a déjà détenu, celui du Logement. Il en a été ministre délégué puis a pris en charge l'ensemble du ministère de l'Equipement, du Logement, des Transports et de la Mer entre 1989 et 1991. Aujourd'hui il a le titre de secrétaire d'Etat et non plus de ministre. Il n'est pas homme à s'en formaliser. Nul ne doute d'ailleurs que cet expert aura la haute main sur ce domaine clé. Jean-Claude Gayssot aura, de son côté, fort à faire entre l'Equipement et les Transports. Et puis Louis Besson est assuré de renouer un bon dialogue avec les professionnels du BTP et du logement qui l'apprécient et ne s'en cachent pas. Le président de la Fédération nationale de l'immobilier loue, par exemple, son « pragmatisme ». Et pourtant, son image publique, c'est celle de l'homme engagé dans la lutte contre l'exclusion - il est membre du Conseil national des politiques de lutte contre l'exclusion depuis 1993 -, à l'origine de nombreuses lois : celle sur les handicapés, la loi sur la montagne et plusieurs textes importants sur le logement. Ce dernier secteur n'est peut-être pas son préféré, mais c'est celui auquel il doit sa notoriété, en tant qu'ancien ministre mais aussi, de 1992 à 1997, de président du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées. Front haut et bombé, il porte barbe strictement taillée et moustache, sans pour autant ressembler à ces sévères figures républicaines du XIXe siècle. Dès qu'il parle, son oeil bleu pétillant et son sourire animent une contenance d'ordinaire plutôt sérieuse et attentive. Ce Savoyard énergique et tenace, comme on l'est volontiers dans cette province, homme du social, est aussi un vrai politique doué pour le contact, qualité indispensable pour réussir dans cette voie. Il a le goût des responsabilités et des réalisations, beaucoup plus sans doute que celui du pouvoir pour le pouvoir. Même si une telle carrière ne va pas, on s'en doute, sans ambition forte. Ses choix politiques sont clairs. Comme pour bien d'autres hommes et femmes de sa génération, ils ont été déterminés par la guerre d'Algérie : « J'avais vingt ans pendant la bataille d'Alger, je me suis senti très concerné... ». Il milite alors dans les petits partis de gauche de l'époque mais par la suite, en quête d'un parti plus large, donc plus capable d'influer sur la vie politique, il va rejoindre d'abord le PSU, puis plus tard le Parti socialiste. Maire à 28 ans. Sa famille n'a pas les moyens de lui payer des études supérieures. « C'était déjà un gros effort pour mes parents d'avoir payé nos études secondaires, à mon frère et à moi. J'ai commencé par des petits boulots ; à l'époque on en trouvait facilement. » Il obtient quand même en 1962, tout en travaillant, le diplôme de l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble. Il est déjà alors très engagé dans les mouvements associatifs. « C'est mon oxygène, explique-t-il. C'est par la vie associative que je suis venu à la vie publique. Cet engagement implique de refuser l'assistance et d'être d'attentif aux lois citoyennes. » Les difficultés du dialogue avec les associations ? « Je ne les ai jamais ressenties. Avec des propositions fortes, la discussion devient facile. C'est la médiocrité des objectifs qui crée l'affrontement. » Chemin faisant, Louis Besson s'est fait un début de réputation régionale. Dès 1965, à vingt-huit ans, il est maire de sa ville natale, Barby (3.080 habitants), et ses concitoyens le réélisent régulièrement. Enfin, en 1989, il conquiert la mairie de Chambéry. En 1973, inscrit au groupe socialiste et radicaux de gauche, il emporte le siège de député de la Savoie (circonscription nord de Chambéry) dont il est toujours député. Efficace, il a remporté toutes les élections où il s'est présenté et presque toujours en gagnant un siège pour son parti. Le Savoyard sur son terrain a presque toujours fait mieux que les scores nationaux. « C'est par le travail que les élections se gagnent », résume-t-il simplement. Cette ascension politique lui a servi de levier pour mettre en oeuvre des objectifs qui lui tenaient à coeur. « Marié au logement social », comme le voit un de ses proches ? Certes, mais il n'entend pas négliger les besoins des entrepris dans un secteur en crise. Humaniste de tradition catholique ? Sans doute, mais, non-croyant, il n'évoque pas non plus un édifiant saint laïc. Il n'en a pas l'ambiguïté. Louis Besson est plus transparent : un homme qui sait être au service d'objectifs socialement utiles. Michèle Cohen-Chabaud

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