Boris Eltsine promet à nouveau le changement

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Le « nouveau » président russe n'entrera en fonctions que le 9 août, un mois après la proclamation des résultats officiels. Hier pourtant, il indiquait déjà qu'il entendait apporter « une correction sérieuse à la politique économique ». « Les réformes économiques se poursuivront, a déclaré Boris Eltsine dans une allocution télévisée. Le plus important maintenant est de donner un second souffle à la production. Il faut assurer les commandes des entreprises, des emplois à la population et augmenter le niveau de vie de chaque famille russe. » Un vaste programme qui est donc confié à l'actuel Premier ministre, Viktor Tchernomyrdine, auquel Boris Eltsine a renouvelé sa confiance. Il faudra bien entendu que la Douma entérine, le mois prochain, la nomination de ce « nouveau » Premier ministre. Pour l'heure, l'attention se concentre sur la composition du futur gouvernement. Viktor Tchernomyrdine n'a certes pas encore fait connaître ses choix. Mais, selon diverses sources, un proche de Boris Eltsine devrait occuper le poste de premier vice-Premier ministre : Viktor Illiouchine, premier conseiller du président, qui a joué un rôle de tout premier plan dans la campagne électorale. Quant au poste de ministre de la Défense, vacant depuis le limogeage du général Gratchev, les interrogations restent entières. Boris Eltsine prend manifestement le temps de la réflexion. Et laisse aussi passer l'orage qui gronde sur le ministère de la Défense, après les accusations de corruption lancées par un député, le général Rokhline, contre plusieurs hauts responsables de ce ministère. La « lutte contre la corruption à tous les échelons du pouvoir » sera d'ailleurs, comme « la protection sociale », a précisé hier Boris Eltsine, au premier plan de son programme d'action. Mais le président russe s'est bien entendu abstenu de faire référence aux affaires qui échauffent les esprits à Moscou, et notamment au scandale qui touche son entraîneur de tennis, Chamil Tarpichev. Ce dernier, également ministre des Sports, serait en effet, selon des révélations de l'hebdomadaire Novaïa Gazeta, en relation avec des parrains russes. De même, le conflit tchétchène a totalement été passé sous silence par le président dans son allocution télévisée. Les combats ont pourtant repris mardi après une trêve de six semaines, conclue avant l'élection par Boris Eltsine et le chef des indépendantistes, Zelimkhan Iandarbiev. « L'aviation et l'artillerie effectuent, sur ordre du commandant en chef des troupes fédérales russes en Tchétchénie, des frappes précises sur Mekhkety, où se trouve l'état-major de Zelimkhan Iandarbiev », a déclaré hier le porte-parole des troupes russes en Tchétchénie. Ce dernier avait d'ailleurs précisé que des ordres avaient été donnés « pour rechercher et arrêter » le leader tchétchène avant de démentir cette information pour le moins étrange, sachant qu'aucune inculpation n'a été lancée contre Zelimkhan Iandarbiev. Cela étant, cette attaque des forces russes n'a rien d'accidentel. Elle a été précédée par une réunion du Conseil de sécurité à Moscou. Alexandre Lebed, nouveau secrétaire du Conseil de sécurité, qui avait critiqué vertement l'action des troupes russes en Tchétchénie, semble donc s'être rangé à la position du Kremlin dont le maître n'a pas changé de méthode pour régler le conflit tchétchène. Mais c'est maintenant au général Lebed de montrer qu'il est capable, comme il l'avait proclamé tout au long de la campagne électorale, de « faire régner l'ordre dans le pays ». BRIGITTE BREUILLAC, À MOSCOU

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