Warren Buffett s'explique devant le procureur Eliot Spitzer

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L'Oracle d'Omaha", comme on appelle Warren Buffett, était-il dans le secret des dieux ? C'est, dans le cadre d'une enquête sur les pratiques de l'industrie de l'assurance, concentrée principalement sur AIG (American International Group), la question que se posent les autorités américaines. Et à laquelle le milliardaire, PDG de Berkshire Hathaway, basé à Omaha (Nebraska), devait répondre hier. Toutefois, comme l'a précisé ce week-end Eliot Spitzer, le procureur de l'Etat de New York, Warren Buffett était entendu comme témoin, chargé en somme de lui expliquer ainsi qu'à la Securities and Exchange Commission (SEC) comment fonctionnent certains contrats de réassurance, les "finite", utilisés par les compagnies d'assurances elles-mêmes pour lisser leurs risques. Ce que n'apprécient pas les autorités, c'est que ces produits peuvent également servir à embellir les comptes.Mais si Warren Buffett était à New York, hier, c'est aussi parce qu'une filiale du groupe Berkshire Hathaway, General Re, est impliquée. General Re a en effet vendu, en fin 2000 et début 2001, ce type de contrat "finite" à AIG, numéro un mondial de l'assurance. Or, AIG a admis le 30 mars que les transactions avec General Re n'auraient pas dû être, comme elles l'ont été, inscrites dans les comptes en tant qu'assurances. AIG a laissé entendre dans la foulée qu'il pourrait revoir ses comptes sur plusieurs années : ils auraient été "gonflés" de 1,7 milliard de dollars grâce à ces produits.L'étau se resserre. Que savait Warren Buffett de ces transactions et de leur utilisation ? L'Oracle plaide l'ignorance. Il a l'habitude de laisser les responsables des filiales gérer le quotidien. Mais certains laissaient entendre ces derniers jours qu'il aurait été informé des transactions. "Pas dans le détail", a répliqué Berkshire Hathaway. Le vieux Warren s'est pour sa part contenté hier d'affirmer "je leur ai dit tout ce que je savais", à la sortie de son audition, sans plus de précisions.C'est maintenant au tour de Hank Greenberg, l'ancien PDG d'AIG, de comparaître, cette fois-ci après avoir prêté serment, devant la justice et l'autorité réglementaire, aujourd'hui. Après quasiment quarante ans de pouvoir sans partage, cette affaire lui a déjà coûté son poste. Hank Greenberg a en effet été "démissionné" à la mi-mars. Cette fois-ci, il risque sans doute une inculpation. Ses avocats ont cherché à reculer l'audition, déclarant qu'il n'était pas en possession de tous les éléments dont il aurait besoin. Eliot Spitzer n'a rien voulu entendre. Les avocats demandent maintenant à ce que l'interrogatoire soit limité à certains sujets. Enfin, Hank Greenberg pourrait utiliser le cinquième amendement de la Constitution, offrant le droit à une personne interrogée de ne pas s'incriminer.Quant aux autres affirmations de la presse - il aurait chargé Hank Greenberg, selon le Wall Street Journal - Warren Buffet y a partiellement répondu hier. Il a ainsi démenti avoir de son propre chef donné des documents aux autorités en échange de leur bienveillance. Questionné, Eliot Spitzer s'était contenté de déclarer dimanche que Warren Buffett avait apporté, depuis janvier dernier qu'il coopère avec la justice, des éléments importants sur AIG. Autant dire que l'étau se resserre sur l'ancien patron du numéro un mondial de l'assurance.Lysiane J. Baudu, à New York

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