« M'être spécialisée a été un atout »

« La Tribune ». - On compte encore peu de femmes associées parmi les avocats. Qu'en pensez-vous ? Christine Duménil-Rossi. Dans le vivier des collaborateurs, je déplore que les femmes ne démontrent pas un appétit plus vif pour les responsabilités. Dans ce métier, il faut en plus de la compétence technique une capacité à générer de la clientèle, à se comporter en chef d'entreprise. Souvent, les femmes ne veulent pas le pouvoir. Il reste beaucoup de progrès à faire pour leur apprendre à se battre à l'extérieur. Vous-même avez été associée jeune, à trente et un ans. A la suite de quels choix ? - A l'origine, je viens d'un milieu industriel, je voulais être proche de la technique du droit, proche aussi des entrepreneurs. Je suis spécialisée dans le contentieux des tribunaux de commerce, car j'anticipais un fort développement de ce domaine du droit. M'être spécialisée a été un atout. Les avocates qui accèdent aux responsabilités ont presque toujours une spécialisation technique. Dans l'univers des juges consulaires, qui compte moins de 5 % de femmes ; choisir cette voie était une sorte de défi. Enfin, ce sont les clients qui dictent leur choix. En face de moi, les directeurs d'entreprises ne tiennent pas compte du fait que je sois une femme. Ils font appel à mes qualités professionnelles. Comment vous organisez-vous ? - Pour réussir, il faut de la méthode, une bonne organisation du travail et un goût véritable pour la délégation. J'utilise une méthode de gestion du temps et j'explique avec précision à mes clients à qui je délègue. Vous êtes la présidente des avocats spécialisés en tribunal de commerce. Quel est votre programme ? - J'ai été élue en janvier et je n'imaginais pas avoir à faire face aussi vite à une polémique sur le devenir des tribunaux de commerce. Dans la réforme qui s'annonce, notre association a un rôle important à jouer : elle regroupe les soixante avocats spécialisés dans le contentieux commercial et les procédures collectives auprès du tribunal de commerce de Paris. A ce titre, elle est l'interface entre le tribunal de commerce et les instance de l'Ordre des avocats. Nous avons déjà émis critiques et suggestions pour remédier notamment aux risques liés aux faillites, en renforçant notamment la présence du parquet et des avocats dans ces procédures. Nous travaillons aussi pour plus de transparence et une sanction rapide et efficace des dérives. A. O.-L.

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