MONNAIES + La livre sterling approche le seuil des 10 francs

Le nouveau budget britannique, dévoilé hier, a fait des heureux et des malheureux. Parmi les bénéficiaires des mesures proposées par le chancelier de l'Echiquier Gordon Brown, on trouve dans l'immédiat la livre sterling. Toujours très prisée, celle-ci s'est attaquée jeudi au cours pivot de 2,95 deutsche marks auquel elle était entrée dans le SME à l'automne 1990 avant de le quitter deux ans plus tard. Elle est montée jusqu'à 2,9625 marks et 9,9825 francs malgré deux mises en garde. A portée de main. D'abord, le spéculateur américano-hongrois, George Soros, le tombeur de la livre en 1992, a déclaré que la monnaie britannique était surévaluée vis-à-vis de la devise allemande, ce qui a laissé craindre une nouvelle manoeuvre de sa part. Ensuite, le chancelier de l'Echiquier s'est une nouvelle fois ému de la vigueur du sterling, affirmant que personne « ne pouvait se satisfaire de sa hausse » et qu'il avait l'intention « d'aider les exportateurs ». Ces deux interventions ont provoqué des prises de bénéfice, mais elles n'ont été que de courte durée tant la perspective d'une hausse imminente des taux britanniques pour calmer une surchauffe, que le budget travailliste semble insuffisant à mater, renforce son attrait. Les seuils de 3 deutsche marks, soit 10,10 francs français, apparaissent à portée de main. Autre bénéficiaire, à plus long terme sans doute, le marché obligataire. En effet, plusieurs éléments militent en faveur d'une hausse des cours des gilts, les obligations britanniques. Non seulement un resserrement monétaire, visant à juguler l'inflation, ne peut qu'être profitable aux porteurs, qui ne verront pas ainsi leurs rendements grignotés par l'inflation, mais, en plus, le nouveau gouvernement a déclaré vouloir réduire sérieusement le déficit et, partant, les besoins de financement de l'Etat sur le marché des capitaux. Deux adjudications, prévues pour août et 1996 et février 1998, ont d'ailleurs été annulées. « Dans moins de deux ans, le déficit pourrait même être à zéro », spécule Michael Hughes, chef économiste chez BZW à Londres. Enfin, les changements décidés sur les fonds de pension. Alors que les fonds de pension ne vont plus bénéficier d'exemption fiscale, l'investissement dans de tels véhicules sera moins attrayant pour les bénéficiaires. Ceux-ci pourraient donc se tourner vers le marché obligataire, puisqu'il offrira comparativement de meilleurs rendements. Dans ces conditions, « les rendements à 10 ans devraient passer sous la barre des 7 % et l'écart de taux entre l'Allemagne et le Royaume-Uni se réduire à 75 points de base, contre 150 points de base il y a une semaine, et environ 130 points de base actuellement », prédit le spécialiste de BZW. En attendant, l'Association nationale des fonds de pension britannique ne décolère pas. « Cette mesure va coûter 50 milliards de livres de plus pour la même retraite », déclarait son porte-parole hier. L .J. B. et I. C.

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