Consensus modérément haussier sur le dollar

Bien qu'ils soient beaucoup moins péremptoires qu'au cours des deux dernières années, où les haussiers sur le dollar étaient légion, les prévisionnistes sont dans l'ensemble modérément optimistes sur l'évolution du billet vert en 1996. Ce dernier a ouvert les transactions de la nouvelle année sur une note de parfaite stabilité tout juste au-dessus de 1,4350 deutsche mark, 4,90 francs français et à près de 104 yens. Une chose est acquise : l'époque est révolue des fluctuations hystériques des années 80, qui avaient vu la monnaie américaine décaler de 103 pfennigs et de 290 centimes en moins d'un an, en 1985, année de tous les records de volatilité, ne serait-ce que parce que les banques centrales des pays du groupe des Sept sont parvenues à mater les surréactions des marchés. En 1995, les écarts n'ont pas dépassé 22 pfennigs et 65 centimes, s'accentuant cependant quelque peu sur la monnaie japonaise avec une saute de 25 yens. Si l'on en croit les prévisions des experts, la volatilité devait être encore plus limitée cette année, les plus optimistes se contentant de pronostiquer une montée en puissance du billet vert jusqu'à 1,60 mark, soit 5,45 francs - à parité inchangée entre les monnaies allemande et française - et 112 yens. Seuls quelques oiseaux rares s'aventurent à prédire de nouveaux records historiques de faiblesse pour le dollar, à l'instar de ceux battus l'an dernier à 1,3480 mark et 79,75 yens, que personne - il faut l'admettre - n'avait osé prévoir au début du millésime 1995. Croissance américaine et déséquilibres commerciaux A l'origine de cette coloration légèrement favorable au dollar, on relève quatre facteurs de soutien. D'abord, les déséquilibres commerciaux entre les Etats-Unis et leurs partenaires - et singulièrement le Japon - sont partiellement en train de se résorber. Ensuite, la croissance américaine devrait être plus soutenue que celle des pays européens et du Japon cette année, entraînant une stabilisation - voire une hausse - des taux américains à long terme, alors qu'ils continueront à refluer sur le Vieux Continent et qu'ils resteront proches de leurs plus bas niveaux historiques dans l'archipel, un atout dont devrait profiter le dollar. En outre, le coût de portage du dollar est redevenu favorable, ses rendements à court terme étant désormais supérieurs à ceux offerts sur le mark, sans parler du yen. Enfin, les gendarmes monétaires du monde resteront vigilants. Les dirigeants de l'Oncle Sam réfutent désormais catégoriquement l'idée d'utiliser la dépréciation de leur monnaie comme arme commerciale, tandis que les Allemands se sont à maintes reprises émus de la surévaluation du deutsche mark. Il y a néanmoins quelques ombres au tableau, à commencer par l'impasse budgétaire dans laquelle se sont enferrés la Maison-Blanche et le Congrès. Et déjà se profilent à l'horizon les incertitudes électorales, dont les marchés ont horreur, avec en préambule de la campagne présidentielle les primaires du New Hampshire le mois prochain. Isabelle Croizard

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