Politique monétaire + La Banque d'Angleterre relève ses taux

Pour la deuxième fois depuis son indépendance opérationnelle, accordée le 6 mai, et pour la troisième depuis le retour des travaillistes au pouvoir, le 1er mai, la Banque d'Angleterre a relevé son taux d'intervention, immédiatement suivie par toutes les banques commerciales, comme le veut la tradition outre-Manche. Mais elle a, une nouvelle fois, opté pour la modération, en ne majorant son taux directeur que d'un quart de point à 6,75 %, alors que nombre d'observateurs attendaient une demi-point de hausse, tant sont grands les risques de surchauffe de l'économie britannique (lire également en Voir Marchépage 7). La flambée de la demande intérieure, qui fait déraper l'inflation, militait pour un durcissement monétaire qui n'a surpris personne. Mais le formidable choc désinflationniste qu'aurait dû provoquer la hausse de 23 % de l'indice pondéré de la livre sterling par rapport à un panier de monnaies des principaux partenaires commerciaux de la Grande-Bretagne depuis août dernier n'a pas eu lieu. Pressions inflationnistes. Or c'est justement là que le bât blesse. Même aujourd'hui, la politique monétaire de la Banque d'Angleterre n'apparaît que modérément restrictive puisqu'elle n'a pas réussi à maîtriser les pressions inflationnistes. Il faut dire que l'ancien chancelier de l'Echiquier, Kenneth Clarke, confronté à une échéance électorale majeure, avait freiné bec et ongles les velléités de hausse des taux du gouverneur de la banque centrale, Eddie George, alors sous sa tutelle. Et que son successeur, Gordon Brown, a hésité à charger la barque fiscale dans le budget laissant une lourde tâche sur les épaules de la vieille dame de Threadneedle Street. De nouveaux durcissements monétaires seront donc inévitables, accentuant le statut de monnaie à haut rendement de la livre, dont la hausse pénalise déjà lourdement les exportateurs d'Albion. Même si, comme un mois auparavant, elle a connu une pause à l'annonce de la majoration des taux, amplifiée par une correction temporaire sur le dollar, elle n'en avait pas moins poussé une pointe dans la matinée à de nouveaux points hauts de six ans, franchissant les seuils de 2,98 deutsche marks et 10,05 francs français. La quadrature du cercle pour l'institut d'émission qui voudrait conjuguer l'impossible : freiner la demande et stabiliser la monnaie. Isabelle Croizard

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