Londres se modernise pour affronter la concurrence

LA CONCURRENCE exacerbée qui règne entre les principales places financières européennes ne s'exerce pas seulement sur le terrain de la technologie et de la rapidité d'exécution, mais aussi, comme dans toute bonne entreprise, sur celui des coûts d'exploitation. Hier, celle qui reste la plus importante d'entre elles, à savoir le London Stock Exchange (LSE), en a fourni la preuve en annonçant les grandes lignes d'une réorganisation en profondeur qui doit lui permettre de réduire ses charges d'un bon tiers, avec une préoccupation stratégique essentielle : résister par tous les moyens à la montée en puissance des autres Bourses européennes. Par tous les moyens, y compris des réductions massives d'effectifs, puisque l'objectif affiché par le LSE est de fonctionner avec 550 salariés une fois la réorganisation achevée, contre 940 aujourd'hui et... 2.000 en 1992. Depuis le 11 juin dernier, lorsque la Bourse de Londres s'est dotée d'un nouveau directeur général en la personne de Gavin Casey, la City s'attendait à des prises de décisions rapides sur le terrain du cost-cutting, l'un des principaux points forts de l'ex-directeur administratif de Merrill Lynch. Son expérience de la maîtrise des coûts ainsi que de la mise en place des systèmes d'information a été pour beaucoup dans sa nomination à ce poste très difficile à tenir, son prédécesseur Michael Lawrence ayant été brutalement renvoyé en début d'année. Mais les objectifs annoncés hier, qui, outre les réductions d'effectifs, prévoient « des coûts d'exploitation en tout état de cause inférieurs à 120 millions de livres par an », n'ont évidemment pas été mis au point en trois semaines. Moins d'intermédiaires et moins de commissions Depuis longtemps, le LSE sait que la mise en place du nouveau système de règlement électronique Crest (à partir du 15 juillet) va entraîner une baisse de revenus d'environ 70 millions de livres par an en raison de la réduction du nombre d'intermédiaires, donc des commissions qui leur étaient payées. L'ancien système « papier », Talisman, continuera à fonctionner en parallèle avec Crest jusqu'en avril 1997, mais cessera de dégager des profits dès la fin de cette année. Au bout du processus de réorganisation (qui comprend également la mise en place du très controversé système de cotation « par les ordres », Séquence 6), la Bourse de Londres devrait voir son chiffre d'affaires se stabiliser à environ 130 millions de livres, contre 196 millions sur l'exercice clos fin mars, lequel avait déjà fait l'objet d'une réduction de 9 % des coûts d'exploitation. Le business plan affiche clairement ses ambitions. Il prévoit notamment « le contrôle d'au moins 90 % des activités de trading sur actions britanniques dans le monde », celui d'« au moins 95 % des sociétés britanniques faisant appel à l'épargne publique », et le rôle de « principale place européenne pour les cotations et les transactions sur les actions des entreprises de l'Union, en dehors de leur marché d'origine ». MICHEL ROLAND, À LONDRES

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