NON-FERREUX + Bras de fer entre Chinois et Européens sur le zinc

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Le zinc traverse une zone de fortes turbulences. Au LME, le métal à trois mois s'affiche à son meilleur niveau depuis octobre 1990 à 1.455 dollars la tonne. En un mois, il s'est apprécié de 130 dollars. Parallèlement, le métal au comptant traditionnellement moins coûteux que le zinc à 3 mois voit son cours rejoindre le prix du métal à terme. Hier, le différentiel entre éloigné et rapproché n'était plus que de 5 dollars. Un écart aussi réduit traduit un profond malaise sur le marché. Du coup, les traders et les professionnels regardent du côté des inventaires et l'attention du marché est attirée par ce qui se passe à Singapour. Les hangars du LME dans la cité Etat sont le débouché naturel pour la production du numéro mondial du zinc, la Chine (1,3 million de tonnes annuelles). Et là les variations d'inventaires dans les hangars de Singapour pour le moins étonnantes. En un mois, ils ont varié de 46 % pour atteindre 31.625 tonnes, soit près de 10 % des stocks totaux de zinc au LME. Bras de fer violent. La variation des inventaires de métal gris à Singapour est la partie visible d'un bras de fer d'une violence sans précédent dans l'histoire du zinc qui se déroule entre le principal producteur chinois de zinc, Zhuzhou et le négociant suisse Glencore, principal actionnaire de Metaleurop. Pour faire simple dans une situation passablement compliquée, l'affineur chinois a vendu par anticipation sa production à travers le LME. Les avis diffèrent sur le tonnage commercialisé : les traders tenants du « scénario raisonnable » estiment que Zhuzhou a vendu à découvert 60.000 tonnes de zinc sur la base d'un prix inférieur de 200 à 300 dollars la tonne par rapport aux cours actuels. Les professionnels qui adoptent « hypothèse haute », c'est-à-dire que Zhuzhou a pris une position spéculative exagérée, considèrent que les ventes à découvert de l'affineur chinois pourraient s'établir entre 200.000 et 400.000 tonnes. Pour comprendre l'enjeu, Zhuzhou enregistre une perte potentielle, dans le cadre de « l'hypothèse basse », de 12 à 18 millions de dollars et dans le cadre du « scénario spéculatif » le trou à combler par le métallurgiste chinois va de 40 à 120 millions de dollars. L'affineur chinois doit donc résoudre le dilemme suivant : soit qu'il déboucle sa position en livrant le métal et, dans cette perspective, il perd les sommes indiquées précédemment. Soit il prend ses pertes, en rachetant ses positions. Dans ce cas, il prend une position spéculative, car il espère que les cours progresseront. La situation se complique avec la présence du suisse Glencore comme contrepartie. Ce dernier refuse une partie du zinc livré par Zhuzhou en arguant que la marque « Torch » du chinois n'est pas conforme aux spécifications du contrat LME.

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