Les pressions s'accumulent sur le yuan

Faut-il poursuivre une politique d'appréciation du yuan pour lutter contre l'inflation, ou bien, au contraire, la ralentir pour protéger les exportations ? Ce dilemme suscite plus que jamais la polémique au sein des autorités chinoises. Si la banque centrale, de plus en plus consciente des déséquilibres qui pèsent sur l'économie domestique, plaide pour une hausse continue de la devise chinoise, le ministère de l'Économie, lui, ne semble pas faire de la lutte contre l'inflation sa priorité.Pour les économistes européens présents en Chine, cette attitude laxiste, si elle l'emportait, pourrait constituer un risque majeur pour l'économie chinoise. " Si le yuan s'est apprécié face au dollar [+ 20 % depuis la mise en place de son " ancrage glissant au dollar " en juillet 2005], son taux de change effectif réel - pondéré du poids des différents partenaires commerciaux - continue d'afficher une stabilité surprenante, voire contre nature si l'on tient compte des excédents faramineux de la balance des paiements ", analyse l'un d'entre eux. Contre l'euro, le yuan a continué de baisser (- 1 % hier à 10,79). Dans un tel cas de figure, les pressions s'accumulent, et font courir au pays le risque d'un réajustement et donc d'une réappréciation brutale de la monnaie. " Jusqu'à présent le taux de change tient car la politique de stérilisation de la monnaie fonctionne relativement bien, mais il n'est pas dit que cela puisse durer ", ajoute-t-il.SITUATION DIFFICILEMENT TENABLELe contexte bancaire est amené à évoluer. Pour l'heure, les banques sont encore aux mains de l'État, ce qui confère à la banque centrale la possibilité de placer de force des titres auprès des banques dans le but d'absorber de la liquidité. Au total, ce sont environ 18 % des dépôts - soit 4.000 milliards de titres en yuans - qui sont aujourd'hui rémunérés à moins de 2 %. En outre, pour l'heure, le crédit reste encadré : selon les derniers objectifs trimestriels, le niveau de volume de crédit devrait être égal cette année à celui de l'an dernier. Cette situation paraît toutefois difficilement tenable aux yeux des économistes. D'une part, les banques font des profits, gagnent de plus en plus en autonomie, et pourraient un jour refuser de se voir imposer de tels placements aussi peu rentables. De l'autre, les entreprises se battent aujourd'hui pour obtenir des crédits, notamment les PME, les plus fragilisées par ces quotas.

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