Tirer la sonnette d'alarme avant les premières faillites

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Et les banques prêtaient, prêtaient, prêtaient... Enivrées par la demande des clients attirés comme des aimants par le faible niveau des taux d'intérêt, grisées par l'éventail des outils leur permettant de sortir les créances de leurs bilans, l'heure était à l'argent facile. Mais aux États-Unis, la multiplication des crédits à une clientèle peu solvable, les défauts de paiement qui s'en sont suivis, entraînant dans leur sillage la faillite d'établissements spécialisés dans les prêts immobiliers, ont sonné la fin de la fête. D'autant que sur le marché de la dette privée, les primes de risque ont été revues à la hausse, sans panique toutefois.NOUVEAUX PRINCIPESPour tenter de calmer le jeu, les autorités de régulation américaines, parmi lesquelles la Réserve fédérale, le contrôleur de la monnaie et l'organisme d'assurance des dépôts, ont rendu public vendredi les nouveaux principes qui devront désormais s'appliquer à la clientèle peu solvable avant d'accorder des prêts à taux variable. Et ces recommandations ont force d'obligation. Les organismes de prêts devront désormais s'assurer que le client est dans la capacité d'honorer ses premiers remboursements, mais qu'il le sera également lorsque le taux du prêt sera révisé à la hausse. De plus, les pourvoyeurs de crédits devront aussi vérifier que leurs clients n'ont pas gonflé de façon artificielle le niveau de leurs revenus pour obtenir le prêt. Ces nouveaux principes, destinés à assainir le marché, ont cependant une limite : ils s'appliquent aux banques de dépôts, mais pas aux établissements de crédit qui ont collecté des fonds auprès des investisseurs pour les prêter. Ils sont placés sous l'autorité des États qui devraient bientôt adopter les règles fédérales.Chacun se demande aujourd'hui si une telle initiative n'aurait pas pu intervenir plus tôt. En effet, face à l'explosion du marché des dérivés de crédits, des titrisations synthétiques, seuls les régulateurs sont susceptibles de faire obstacle à l'emballement qui conduit à multiplier les risques de crédit. Certes, le nouveau ratio de solvabilité Bâle II contraint les banques à mobiliser davantage de fonds propres si elles encourent plus de risques. Mais le levier des fonds propres suffit-il à éviter les écueils ? Ne vaudrait-il pas mieux inciter les banques à la prudence plus en amont ? Autant de questions qui se posent, mais n'ont pas forcément de réponses aujourd'hui. La crise des subprimes aux États-Unis devrait pourtant inciter les régulateurs à tirer la sonnette d'alarme sans attendre les premières faillites.

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