Les prêts à risque pourraient coûter 90 milliards de dollars

On peut désormais mettre une estimation chiffrée sur l'impact de l'effondrement des subprimes, ces prêts immobiliers à risque accordés à des personnes difficilement solvables. Selon une étude de Deutsche Bank, les pertes liées à cette crise pourraient atteindre de 70 à 90 milliards de dollars, pour un marché qui représente 10 % des crédits hypothécaires américains. Selon l'analyste auteur de l'étude, Mustafa Chowdhury, on devrait disposer très rapidement d'informations précises sur les pertes des hedge funds, puisqu'ils doivent en fin de trimestre réévaluer leur portefeuille en valeur de marché. Selon l'analyste, la révélation du niveau des pertes pourrait forcer certains hedge funds à la liquidation.L'AMPLEUR DE LA CRISES'il a pesé sur les résultats trimestriels de banques telles que UBS, Wells Fargo, Gmac, Washington Mutual ou Lehman, le subprime touche de plein fouet les hedge funds de Bear Stearns et les établissements de refinancement hypothécaires comme Fannie Mae ou Freddie Mae. Selon une étude de Federal Financial Analytics, ces deux structures pourraient perdre respectivement de 1,8 à 3,6 milliards et 1,5 à 3 milliards de dollars. L'ampleur de la crise se traduit dans l'indice ABX des subprimes : jour après jour, il franchit des records à la baisse. S'agissant de l'indice lié aux crédits subbprimes émis l'an dernier, il s'est inscrit hier à 53,16 après le record de vendredi dernier à 54,54. Depuis le mois de janvier, cet indice a perdu 43 %. Quant à l'indice calculé pour les crédits réalisés depuis le début de l'année, il était également en recul hier, enregistrant une chute de 38 %.Jusqu'où l'onde de choc se propagera-t-elle ? Selon l'analyste de la Deutsche Bank, après les mauvaises nouvelles que l'on devrait enregistrer dans les prochains jours, un impact ultérieur plus large sur le marché devrait être limité. La dispersion des subprimes entre une myriade d'investisseurs devrait empêcher tout effet de masse.Dans cette tourmente, les investisseurs tentent de se protéger. Les échanges sur dérivés de crédit du secteur bancaire ont été plus actifs que sur les entreprises d'autres secteurs au mois de juin, selon le courtier GFI, les dérivés de crédit de Bear Stearns affichant d'ailleurs le record de transactions.Par ailleurs, sans pouvoir considérer un réel retour de l'aversion au risque, il apparaît que les investisseurs retrouvent un certain goût pour les emprunts d'État américains, au détriment des obligations corporate ou de la dette souveraine d'autres pays. Pour la deuxième semaine consécutive qui a pris fin vendredi dernier, le volume des emprunts d'État américain (35 % des encours) a dépassé la part des actifs plus risqués.

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