Pas d'enthousiasme pour la dette LBO

La dette qualifiée de spéculative, et plus particulièrement la dette à effet de levier, est l'une des grandes victimes collatérales de la crise des subprimes. Deux catégories d'acteurs souffrent, les banquiers qui cherchent à placer la dette pour laquelle ils se sont engagés et les pourvoyeurs de dette en circulation mais décotée. Les premiers doivent offrir aujourd'hui une remise de 5 % à 10 % de la valeur faciale de la dette pour espérer la placer selon Barclays.Devant la difficulté à financer des transactions, certaines ont été annulées, d'autres ont entamé avec difficulté la phase de syndication (selon Bloomberg, la décote de 4 points sur la dette de First Data aurait coûté 360 millions de dollars à Credit Suisse et Deutsche Bank et à quatre de leurs homologues). D'autres encore, parmi les plus importantes, ont vu leur syndication repoussée à 2008 : les dettes d'Alltel (17,5 milliards de dollars), de Harrah's Entertainment (22,3 milliards), de Clear Channel (22,1 milliards) ou de BCE (34,3 milliards) devront attendre. Il reste aujourd'hui 231 milliards de dollars à syndiquer selon JP Morgan.Mais précisément les investisseurs institutionnels, hedge funds et fonds de CDO (collateralized debt obligation) en tête, s'ils ont encore des liquidités, ne sont plus prêts à les mettre à disposition dans les mêmes conditions. Et avant même de s'engager dans de nouvelles opérations, les créanciers veulent revoir les termes de la dette existante. Selon Standard & Poor's, les prêteurs auraient déjà perdu 28 milliards de dollars, soit 5 % de décote sur la dette spéculative déjà émise de 551 milliards de dollars. Et veulent aujourd'hui récupérer une partie de leur mise. Ils sont aidés par le fait qu'un certain nombre d'entreprises souffrent de la détérioration des conditions économiques et ne sont plus en mesure de respecter les " covenants ", ces ratios d'alerte dont le franchissement peut déclencher le remboursement anticipé de la dette.SOLUTION EXTREMEEn échange d'une renonciation à cette solution extrême, les créanciers renégocient les conditions : selon S&P, non seulement la hausse moyenne du coût de la dette est de 0,83 point, portant le coût à un plus haut depuis 1997, mais en outre les investisseurs réclament des commissions de 0,35 point de pourcentage du montant, contre 0,125 point en juin dernier. Selon l'agence, ces nouvelles conditions appliquées à une dette de 500 millions de dollars entraînent un surcoût la première année de 5,9 millions de dollars.

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