Bâle II oblige les banques à réfléchir sur leurs participations

Crédit Agricole SA n'aura pas attendu longtemps après l'entrée en vigueur des normes prudentielles Bâle II pour adapter le niveau de ses fonds propres à la nouvelle réglementation s'appliquant aux banques le 1er janvier. Dans le cadre de la nouvelle politique de couverture des risques par les fonds propres, les établissements financiers doivent pondérer différemment leurs actifs en fonction du degré de risque de chacun.Ainsi, les emprunts d'État ne subissent-ils aucun poids particulier, tandis que les crédits hypothécaires sont alourdis de 50 % et les crédits à la consommation de 100 %. Or, dans le cas des participations non consolidées, elles doivent être inscrites au bilan avec un multiple de 2,8 de la valeur des actifs par rapport à la réglementation précédente. La détention de participations par les banques leur coûte donc beaucoup plus cher depuis le 1er janvier, puisque les fonds propres sont plus mobilisés.On peut donc s'attendre à ce que l'ensemble des banques cotées procède à cette même réflexion : est-il plus rentable de conserver une participation dans une entreprise qui suppose une dotation supérieure en fonds propres, ou vaut-il mieux réallouer ces derniers à d'autres activités, par exemple des métiers réalisés en interne qui seront rémunérateurs et moins consommateurs pour le bilan ? Les banques devront faire un arbitrage de taux de rendement interne, et des analystes s'attendent à observer ce type de mouvement dans d'autres établissements dans les semaines à venir.PAS DE VERITABLE CHANGEMENTAu sein de BNP Paribas, l'on indique que le passage au nouveau ratio prudentiel ne changera pas la donne en matière de gestion des participations cotées et non cotées de la banque. " Nous avons choisi d'adopter la méthode avancée pour Bâle II qui est entrée en vigueur au début de cette année. Selon cette méthode, les besoins de couverture en fonds propres des participations que nous détenons font l'objet d'ajustements modérés ", explique Georges Chodron de Courcel, directeur général délégué de BNP Paribas. Et d'ajouter : " Le passage à Bâle II ne change pas notre politique. Nous continuerons à investir et à céder ! " La dernière opération de la banque en matière de gestion de ses participations est la vente au groupe Bouygues de sa part de 6,5 % au capital de la filiale Bouygues Télécom en septembre. C'est également cet été que la banque dirigée par Baudouin Prot a porté à 5,8 % sa participation au capital d'Axa avec laquelle la banque collabore en assurances dommages.Du côté de Natixis, pas de grand changement non plus. La banque commune aux Caisses d'Épargne et aux Banques Populaires ne détient pas de participations significatives dans des grandes sociétés. Ses investissements les plus importants représentent 29 millions d'euros dans la banque allemande en difficulté IKB et 25 millions d'euros dans la société d'investissement Eurazeo.

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