La crise financière souligne l'intérêt de la maîtrise des risques

L'ouverture hier à Deauville du 16e congrès annuel de l'Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (Amrae) ne pouvait pas mieux tomber. " L'actualité révèle la nécessité de renforcer la vigilance sur les risques. C'est toujours dans les crises que l'on se rend compte de l'utilité de nos métiers ", souligne son nouveau président,Gérard Lancner, par ailleurs risk manager du groupe cosmétique Yves Rocher.Forte de ses 660 adhérents issus de 370 entreprises publiques et privées, l'Amrae attire chaque année un large public de professionnels de l'assurance mais aussi des consultants et des personnalités de tous horizons. Ainsi pour l'ouverture se succédaient hier à la tribune Jean Azéma, directeur général de Groupama, Philippe Jurgensen, président de l'Autorité de contrôle de l'assurance et des mutuelles (Acam), le magistrat Jean-Louis Bruguière et le philosophe André Comte-Sponville." CREER DES PASSERELLES "S'il situe son mandat dans la continuité de son prédécesseur, Gérard Lancner s'est fixé comme objectif d'améliorer la notoriété de la profession. " Au-delà des travaux traditionnels, je souhaite que l'Amrae contribue à une meilleure visibilité du métier de la gestion des risques par le biais de publications, d'articles ou d'intervention dans la presse ", explique-t-il, prévoyant de " faire émerger des référents " sur une série de thèmes comme la couverture du risque deterrorisme ou l'atteinte à l'image. Et pour mieux faire connaître le métier, il a aussi le projet de "créer des passerelles avec d'autres organisations comme des associations d'assureurs et de courtiers mais aussi de responsables de ressources humaines, d'audit interne ou de gestionnaires de risques spécialisés - sécurité, informatique, etc.) ".Le rôle du gestionnaire des risques a beaucoup évolué dans la période récente avec le renforcement des contraintes en matière de gouvernance des entreprises. " Les entreprises ont été obligées de renforcer le contrôle interne. Or la gestion des risques contribue au contrôle interne ", observe Gérard Lancner. Au point que dans certaines sociétés, dont Groupama, comme le rappelle Jean Azéma, le management des risques est rattaché au contrôle interne, lui-même relié à la direction générale. " Traiter les risques suppose de prendre des mesures de prévention, de prévoir des solutions de remplacement. Ensuite, le risque résiduel peut être couvert par l'assurance ", précise le président de l'Amrae.Indispensable au bon fonctionnement des entreprises et des marchés, cette mission est cependant difficile à exercer dans un monde traversé par les crises de toute nature. " Les peurs irrationnelles ne sont pas vaincues même chez les professionnels de la finance, comme l'a montré le krach boursier de lundi ", souligne ainsi le président de l'Acam, Philippe Jurgensen. Mais pour Gérard Lancner, la réponse s'impose : les risk managers sont " les acteurs de la raison dans un monde qui a peur ".

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