L'Élysée stigmatise les dérives du capitalisme financier

Il ne peut pas ne pas y avoir de responsable. " Même s'il approuve pleinement l'enquête qui a été ouverte par la justice à l'encontre de Jérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir causé près de 5 milliards d'euros de pertes à la Société Générale, le pouvoir politique français ne semble pas vouloir en rester là. Comment, compte tenu de l'ampleur de la somme, la responsabilité de la perte pourrait-elle être limitée à un trader isolé ? " Cela ne peut pas rester sans responsable ", insiste-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, en réponse à une question d'une journaliste sur l'éventuelle démission du président de la banque, Daniel Bouton. Même si, bien sûr, l'État n'est pas actionnaire de cette banque et que, s'agissant d'une entreprise privée, " ce n'est pas à lui de porter un jugement ", souligne-t-on encore.UN RAPPORT " SOUS HUIT JOURS "L'Élysée a été prévenu mardi de l'affaire Société Générale. Intervenant dans le contexte de la crise dessubprimes, ces crédits immobiliers à haut risque américains, elle a déclenché chez Nicolas Sarkozy les critiques les plus vives contre les dérives spéculatives du marché. " Je souhaite qu'on tourne le dos à un capitalisme qui a besoin de se moraliser et de transparence ", s'est-il emporté devant la communauté française de New Delhi lors de sa visite en Inde vendredi et samedi. " Je crois à l'économie de marché, à la liberté du commerce mais je veux un capitalisme qui ait des règles, un capitalisme où il y a une place pour l'entrepreneur davantage que pour le spéculateur, car à force de favoriser la spéculation, les salles de marché, les cours au jour le jour, on se retrouve avec le problème de subprimes qui risque de pénaliser la croissance du monde c'est-à-dire le travail des gens... ", a poursuivi le chef de l'État. Demain, Nicolas Sarkozy fera part de ses convictions à quelques dirigeants européens qu'il rencontrera à Londres, dont le Premier ministre britannique, Gordon Brown, la chancelière, Angela Merkel, et peut-être le président du Conseil italien, Romano Prodi. Il leur fera des propositions afin d'en finir avec un système financier " qui marche sur la tête " et peut subir des " pertes gigantesques en quelques heures ".À Matignon, François Fillon a demandé vendredi à la ministre des Finances de lui remettre un rapport " sous huit jours ". Ce rapport devrait expliquer " comment et pourquoi les contrôles n'ont pas fonctionné, et quels nouveaux contrôles sont nécessaires, y compris au niveau législatif, pour que (cela) ne se reproduise pas ". Le Premier ministre a par ailleurs indiqué qu'il avait été informé de la situation à la Société Générale, mercredi, soit trois jours après que la fraude fut découverte. Un délai qui a visiblement agacé le locataire de Matignon.

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