New York peine à secourir les rehausseurs

Une course contre la montre est engagée dans l'État de New York pour secourir les rehausseurs de crédit. Une semaine après qu'Eric Dinallo, le superviseur des assurances de l'État, eut réuni des banques de Wall Street pour les encourager à recapitaliser les assureurs " monoline " à hauteur de 15 milliards de dollars, son gouverneur Eliot Spitzer a indiqué qu'il travaillait " d'arrache pied " pour préserver leur notation. Hier l'agence Fitch Ratings a néanmoins abaissé de AAA à AA sa note crédit de FGIC.Spitzer s'inquiète pour le secteur à deux titres : une baisse généralisée des notations des rehausseurs rendrait pour New York, comme pour le reste des États et villes américaines, le coût du crédit plus élevé pour financer leurs infrastructures. De plus, une dégradation pèserait sur Wall Street, dont les bénéfices contribuent fortement aux recettes fiscales de la ville et de l'État de New York.Or, selon JP Morgan Chase, les rehausseurs, dont MBIA, Ambac et CIFG, pourraient perdre collectivement 41 milliards de dollars du fait de leur exposition au subprime. Barclays Capital prévient qu'une baisse de leur notation contraindrait le secteur bancaire à lever 143 milliards de dollars supplémentaires et, chez Oppenheimer & Co., Meredith Whitney estime que les banques devraient alors passer 70 milliards de dollars de nouvelles dépréciations. " Le sort des assureurs monoline est primordial pour les valeurs financières ", souligne l'analyste, qui juge que 45 % de " l'intégralité du risque du marché " est concentré chez Citigroup, Merrill Lynch et UBS.LES SOLUTIONS ENVISAGEESMalgré la gravité de la situation, les opérateurs de marché craignent qu'un plan collectif ne soit conclu trop tard. " Compte tenu des intérêts antagonistes multiples [des banques, Ndlr] et de leurs différents niveaux d'engagement, nous pensons qu'il est improbable qu'un accord parrainé par Dinallo soit bouclé " à temps, avertit le cabinet CreditSights. Pour analyser les besoins des assureurs monoline, Eric Dinallo a fait appel à la banque d'investissement Perella Weinberg, fondée par Joseph Perella, ancien de Morgan Stanley.D'après le Wall Street Journal, les solutions envisagées par Eric Dinallo - renforcement des fonds propres des monolines à hauteur égale par les banques ou création d'une structure de réassurance - sont accueillies avec circonspection par les établissements de Wall Street dont l'exposition aux rehausseurs n'est pas uniforme. John Thain, le PDG de Merrill Lynch, a indiqué que la banque était exposée aux alentours de 3,5 milliards de dollars mais prévenu que si les rehausseurs " disparaissaient de la surface de la terre ", ce qu'il n'envisage pas, ce coût serait porté à 6 milliards.Compte tenu de la complexité d'un plan collectif - auquel le Trésor et la Réserve fédérale n'ont pour l'instant pas pris part -, des sources proches des négociations ont indiqué à l'agence Reuters que Dinallo et les banques pourraient choisir de secourir les rehausseurs au cas par cas. Hier, John Thain a déclaré qu'il serait " très difficile de trouver un accord global " mais s'est dit " optimiste " pour des solutions individuelles " en particulier pour Ambac et MBIA ".

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