Des difficultés qui affaiblissent politiquement l'Écureuil

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Les mauvais comptes de Natixis relancent les spéculations sur l'avenir des Caisses d'Épargne. Dans la perspective d'une concentration bancaire, que les autorités de régulation appellent de leurs voeux, le groupe mutualiste fait de plus en plus figure de proie pour les Banques Populaires, leur partenaire à parité au capital de Natixis.D'autant que l'Écureuil vient d'annoncer que son résultat net part du groupe serait " supérieur à 1 milliard d'euros " pour l'exercice 2007. Cette estimation elliptique laisse penser que le montant définitif, qui sera connu le 6 mars, ne sera pas bien supérieur. C'est peu au regard des 1,45 milliard d'euros dégagés fin juin 2007. Pour assombrir le tableau, le Crédit Foncier, autre filiale de l'Écureuil, préparerait, selon Le Figaro, un plan d'économies de 300 millions d'euros sur cinq ans.Faut-il conclure à la fragilisation durable des Caisses d'Épargne au profit des Banques Populaires ? " Les deux groupes mutualistes ont des niveaux de fonds propres comparables. À fin juin 2007, le Groupe Banque Populaire affichait un niveau de fonds propres de 21 milliards d'euros et un ratio de fonds propres durs de 9,7 %. Le Groupe Caisse d'Épargne avait quant à lui 22 milliards d'euros de fonds propres et un ratio de 8,6 % ", répond Eric Dupont, analyste chez Fitchratings. Il ajoute que l'Écureuil bénéficie d'une note de solidité financière meilleure que celle des Banques Populaires. Les Caisses d'Épargne ont sans doute été dégradées en novembre, mais elles bénéficient encore d'un AA- contre A+ pour les Banques Populaires. Ces notes s'accompagnent d'une perspective négative pour les deux banques mutualistes car elles partagent la responsabilité du réhausseur de crédit américain CIFG, repris à Natixis fin novembre. Recapitalisé à hauteur de 1,5 milliard de dollars, l'établissement pourrait nécessiter un nouvel apport financier.Il reste que les Caisses d'Épargne ont fait depuis l'été des acquisitions qui pourraient à l'avenir alourdir leurs comptes. Et leur affaiblissement politique est aujourd'hui prégnant. CIFG était à l'origine une filiale de la Caisse Nationale des Caisses d'Épargne (CNCE). Ses déboires ne sont pas étrangers à la disparition récente de tout représentant de l'Écureuil au sein du directoire de Natixis alors que le patron des Banques Populaires en assure toujours la présidence. Remercié, Antony Orsatelli, l'ancien patron d'Ixis, la BFI des Caisses d'Épargne, a porté la responsabilité d'avoir maintenu CIFG au sein de Natixis. De nouvelles difficultés seraient désormais portées au passif du patron de l'Écureuil, Charles Milhaud.UN CALENDRIER FAVORABLEPhilippe Dupont, son homologue aux Banques Populaires, bénéficie au contraire d'un calendrier favorable pour se positionner. " Les dirigeants des Caisses d'Épargne sont obnubilés par les renouvellements, en mars, des directoires des caisses régionales. Aussi, la récente recomposition de la gouvernance de Natixis à l'avantage des Banques Populaires n'est pas une préoccupation ", explique un cadre du groupe. Elle pourrait toutefois rapidement le devenir. " La commission bancaire a donné son feu vert à la création de Natixis en y voyant le préalable à une fusion des organes centraux de ses deux actionnaires ", prévient un proche du dossier. Dans cette perspective, Philippe Dupont a une longueur d'avance.

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