Crédit Agricole favori pour Banca delle Marche

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cite>Crédit Agricole a des chances de devenir sous peu le septième réseau bancaire d'Italie. La filiale de la Banque verte dans la péninsule, le groupe Cariparma, est la mieux placée pour racheter Banca delle Marche (BM), une banque régionale du centre de l'Italie contrôlée par trois fondations bancaires. Selon nos informations, Cariparma a déposé une offre ferme de rachat des 51,9 % du capital de cette banque détenus par ces fondations. Cette offre sera examinée dès ce mercredi par le conseil d'administration de Banca delle Marche en même temps que la seule offre concurrente, celle de la banque populaire d'Emilie-Romagne (BPER). La voie paraît libre aux français : non seulement car BPER, capitalisant en Bourse à peine 3,8 milliards d'euros, devrait difficilement pouvoir offrir les 2 milliards d'euros de prix pour BM évoqués, mais surtout car le seul rival sérieux de Crédit Agricole pour s'arroger BM, Intesa Sanpaolo, a jeté l'éponge. Bien que déjà actionnaire à hauteur de 7 % de BM et poursuivant elle aussi une stratégie de rachat de banques régionales italiennes bien implantées, à l'instar de son rachat récent de la caisse d'épargne de Florence (CR Firenze), Intesa a renoncé à BM.Crédit Agricole ne fait aucun commentaire sur le dossier, mais il ne fait pas de doute que la Banque verte s'intéresse aux Marches. Cette opération s'intègre dans son approche en Italie : des établissements ayant un niveau de rentabilité attractif et des choix géographiques ciblés plutôt qu'une présence sur tout le territoire. Depuis son acquisition, pour 5,1 milliards d'euros, des banques Cariparma et FriulAdria auprès de Banca Intesa en 2006, la Banque verte dispose de 665 agences dans la péninsule. Avec les 300 agences de BM, la banque dirigée par René Carron surpasserait le réseau géré en Italie par ses vieux rivaux de BNP Paribas (BNL), composé d'environ 800 agences.Banca delle Marche, qui emploie 3.100 personnes, est toutefois loin d'être aussi rentable que Cariparma : son coefficient d'exploitation s'élève à 57,1 % contre 49,6 % pour l'actuel réseau italien de la Banque verte. Quel prix est-elle prête à mettre pour emporter la banque des Marches ? Une source proche du Crédit Agricole parle de 1,7 à 1,8 milliard d'euros, soit un prix maximum de 6 millions d'euros par agence, ce qui n'est finalement pas dans le haut de la fourchette des transactions réalisées ces derniers mois.Bankinter fait de la résistanceBankinter semble bien décidée à barrer la route au Crédit Agricole, qui détient 19,5 % de son capital et a requis l'autorisation de la Banque d'Espagne (BE) pour monter à 29,99 %. Alors que celle-ci s'apprête à répondre à cette requête, Bankinter vient de pourvoir à deux sièges vacants de son conseil d'administration. Sans consulter le groupe français, qui n'attend que le feu vert de la BE pour réclamer son droit à participer à la gestion. Le président de Bankinter, Jaime Botín, fait valoir pour s'y opposer que le Crédit Agricole est concurrent de Bankinter : il détient, depuis 1977, 98,3 % de la banque basque Bankoa, et est actionnaire à hauteur de 23,8 % du portugais Banco Espirito Santo, présent sur le marché espagnol.

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