La solidarité fait place à la conspiration à Paris

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En France, nous considérons que le président-directeur général doit être tenu pour responsable, mais le débarquer précipitamment n'est pas forcément la meilleure façon de rétablir la situation. " En se laissant aller à cette petite confidence dans les colonnes de l' International Herald Tribune, le jugement du président du conseil de surveillance d'Axa, Claude Bébéar, qui, pour la rédaction du quotidien anglo-saxon, est désormais davantage " considéré comme un faiseur de roi que comme un roi lui-même ", paraît sans appel pour Daniel Bouton. Une fois la tourmente passée, sinon l'augmentation de capital bouclée, celui qui passe aujourd'hui pour le parrain du capitalisme français pourrait bien compter parmi ceux qui soutiendront le patron de la Société Générale, comme la corde soutient le pendu. En attendant, la solidarité semble rester de mise sur la place de Paris. Et ce n'est pas la lecture de ce fameux article dans l'édition du week-end du Herald Tribune qui pourrait nous faire penser le contraire. D'autant que le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, intronisé en son temps à la tête du groupe français de communication en perdition par le même Claude Bébéar, y apparaît du même avis.Il y a fort à parier que Michel Pébereau l'aurait été aussi s'il avait eu à s'exprimer dans les colonnes du Herald Tribune. En attendant, les communicants de sa banque, BNP Paribas sont à la manoeuvre. Tantôt pour calmer le jeu des rumeurs de marchés qui prêtent à la grande rivale de la Société Générale l'intention de profiter de la situation pour l'avaler toute crue. Tantôt pour savonner un peu plus la planche de Daniel Bouton et de son puissant état-major sérieusement affaibli. À les entendre, il n'y a qu'à la Générale qu'une fraude aussi incroyable pouvait avoir lieu. D'ailleurs pour en faire la démonstration, le service de communication de BNP Paribas prépare pour mars à destination des médias un " éducation event " sur les métiers de la banque, sur les actions et les produits dérivés. But de l'opération ? Faire oeuvre de pédagogie auprès des journalistes chargés de couvrir les sujets bancaires en général et l'affaire Société Générale en particulier. À cette occasion il ne serait pas étonnant qu'on en arrive à leur démontrer que ce qui s'est passé chez le concurrent n'a aucun risque de se produire chez BNP Paribas.Une démonstration que Christophe Reille, le conseil en communication de Jérôme Kerviel, est tout aussi prêt à faire. Lui, qui affirme avoir pris en mains les intérêts du prévenu à la demande " d'amis des avocats " de façon totalement désintéressée, ne cache pas que la beauté de son geste serait d'autant plus grande si, au bout du compte, la justice passait et la Société Générale trépassait au profit de BNP Paribas. De là à penser qu'une conspiration se met en place à Paris...

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