Crédit Agricole premier actionnaire chez Bankinter

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Trois mois après avoir annoncé l'acquisition de 14,66 % du capital de la banque espagnole Bankinter, Crédit Agricole SA s'est " félicité " hier d'avoir obtenu l'accord de la Banque d'Espagne. Ce rachat, qui avait été fait via la reprise d'un bloc à l'investisseur Ramchad Bhavani, vient s'ajouter aux 4,75 % que la banque avait achetés dans le marché. La Banque verte avait par ailleurs demandé au régulateur espagnol l'autorisation de monter à 29,99 % du capital de la cinquième banque ibérique, seuil au-delà duquel une offre publique d'achat doit être déclenchée. Cette requête a également été validée par la Banque d'Espagne.L'acquisition de ces 20 % pour un montant de l'ordre de 1 milliard d'euros d'une banque réputée pour sa rentabilité et son dynamisme sera-t-elle le début du feuilleton d'une bataille bancaire ? Car en mettant un pied dans cet établissement, Crédit Agricole SA s'est retrouvé face à Jaime Botin, le fondateur, mais surtout frère du très puissant Emilio Botin, patron de Santander. Et qui se trouve être le deuxième actionnaire de la banque avec 16,3 % du capital. Or, l'opération qui permettait à la Banque verte de devenir le premier actionnaire de Bankinter s'est faite sans que Jaime Botin n'ait été préalablement informé. Seul le patron de la banque, Pedro Guerrero, était au courant. La banque française avait alors déclaré qu'elle se " réjouissait de travailler avec (le) management " de la banque. Mais Jaime Botin avait été piqué au vif.MEPRIS DES FRANCAISIl a alors également demandé à la Banque d'Espagne l'autorisation de monter à 29,99 % du capital de la banque. Cette dernière a elle-même fait de la résistance, nommant, à quelques jours de l'autorisation attendue de la Banqued'Espagne, deux nouveaux administrateurs à son conseil, afin de pourvoir des postes vacants. Et ce, sans en informer le Crédit Agricole, qui était en droit de ne rien réclamer avant d'avoir le feu vert des autorités espagnoles. Jaime Botin avait justifié ce mépris des Français par le fait que Bankinter et Crédit Agricole étaient concurrents en Espagne : ce dernier est présent dans la péninsule via sa filiale Bankoa au Pays basque et sa participation dans le portugais Banco Spirito Santo, qui opère également en Espagne.Alors que les salariés sont devenus, depuis une augmentation de capital réservée en janvier dernier, les quatrièmes actionnaires de la banque avec 4,88 %, Crédit Agricole doit se préparer à un accueil qui ne sera sans doute pas des plus chaleureux, même s'il soulignait hier son intention d'établir " un dialogue constructif et durable avec les autres actionnaires de Bankinter ". Et même s'il peut se satisfaire d'une participation qui a annoncé le mois dernier une croissance de son résultat de 73,6 % à 361,8 millions d'euros en 2007, le Crédit Agricole doit espérer pouvoir désormais valoriser un investissement qu'il a payé 13,6 euros par action (pour les 14,6 %) et qui en valait hier soir 10 euros, malgré une hausse de 5,58 % en clôture.

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