La banque campe sur ses prévisions de croissance pour la BFI

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Le pôle de banque de financement et d'investissement (BFI) de la Société Générale s'apprête à vivre une année de transition en 2008. La division, qui ces dernières années s'était imposée comme le principal contributeur aux bénéfices, doit en effet passer le cap de la crise financière du crédit et surmonter les effets néfastes que l'affaire Kerviel a eu sur sa réputation.Pour Jean-Pierre Mustier, directeur général adjoint en charge de la BFI, les salariés, les clients et même certains concurrents ont répondu présents. " Nos clients nous ont non seulement apporté des marques de soutien dans les premiers jours qui ont suivi l'annonce de la fraude mais ils nous ont aussi apporté davantage de business, notamment en termes de courtage ", précise-t-il. À l'occasion de la présentation des détails de l'augmentation de capital, le 11 février dernier, les dirigeants de la Société Générale ont annoncé au marché une croissance moyenne annuelle des revenus de l'activité de BFI comprise entre 5 % et 10 % sur la période 2006-2010. De quoi atteindre à cet horizon des revenus de 9 milliards d'euros environ. Un chiffre que beaucoup d'analystes estiment aujourd'hui trop ambitieux compte tenu du contexte de crise actuel.Un diagnostic rejeté hier par Daniel Bouton, qui a tenu à souligner que " la prévision économique qui sous-tend ce scénario tient compte du ralentissement économique mondial, de la crise financière du crédit et de la liquidité mais aussi, pour ce qui nous concerne, des mesures de diminution des risques que nous nous sommes fixés " . " Nous avons enregistré une croissance de notre activité commerciale de 15 % par an entre les années 2003 et 2007. Avancer un objectif de croissance comprise entre 5 % et 10 % entre 2008 et 2010 signifie qu'on ne réaliserait qu'un tiers de la croissance engrangée au cours des cinq dernières années. Cela ne me paraît pas excessivement optimiste " , renchérit de son côté Jean-Pierre Mustier.Pour remplir sa feuille de route, la banque de gros de la Société Générale pourra compter sur les activités qui ne sont pas liées à la crise, le financement aux entreprises lorsqu'il ne s'agit pas des opérations à effets de levier (LBO) dont le marché est totalement gelé aujourd'hui. Et Jean-Pierre Mustier de citer également les financements de projets, d'infrastructures ou les métiers liés aux matières premières. " Nos activités à risque, c'est-à-dire celles qui sont touchées par la crise, ne sont pas forcément celles qui contribuent le plus aux revenus de la BFI. Les financements LBO, par exemple, ont représenté 2,5 % de nos recettes en 2006. S'agissant des métiers de titrisation, notre véhicule d'investissements structurés nous rapporte bon an, mal an entre 2 à 3 millions ", ajoute le dirigeant.La détermination est là, et l'état-major de la Société Générale entend démontrer la capacité de résistance du groupe dans les deux à trois trimestres qui viennent. Seule inconnue, l'évolution des secteurs en crise et le montant des dépréciations à venir.

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