Bankinter résiste au Crédit Agricole

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La bataille pour le contrôle de Bankinter est lancée. La Banque d'Espagne en a donné le coup d'envoi en accordant jeudi son feu vert à la demande du Crédit Agricole de porter à 29,99 % sa participation au sein de la cinquième banque espagnole (" La Tribune" du 22 février). Elle doit maintenant répondre, sans doute dans le courant de cette semaine, à une requête similaire présentée par le fondateur de Bankinter, Jaime Botín, par ailleurs frère du tout-puissant patron du Banco Santander, Emilio.Le Crédit Agricole contrôle déjà 19,5 % du capital de Bankinter, et Jaime Botín 16,3 %. Ce dernier peut compter en sus sur l'appui des employés de la banque, qui détiennent 4,9 % des parts, et sur celui des autres membres du conseil d'administration, qui en contrôlent quelque 6,6 %. Deux autres actionnaires semblent maintenir pour le moment une position de neutralité entre les deux camps en lice, à l'affût, apparemment, des plus-values que l'affrontement annonce : la famille Masaveu, propriétaire du premier conglomérat économique des Asturies, avec 5,25 % du capital, et Caja Madrid, avec 4,9 %.PASSE D'ARMESLe premier champ de bataille pourrait être le conseil d'administration de Bankinter, aujourd'hui contrôlé par Jaime Botín et ses partisans. Si, comme on s'y attend à Madrid, Crédit Agricole demande formellement à y faire son entrée au prorata de sa participation au capital, la réponse sera négative. Pour justifier leur position, les actuels responsables de Bankinter feront valoir qu'ils n'admettront pas au sein de leur principal organe de gestion des représentants d'une entité concurrente. Crédit Agricole contrôle en effet depuis 1997, avec 98,3 % du capital, une banque indusrielle de la province basque de Guipúzcoa, Bankoa. Les français sont aussi actionnaires du portugais Banco Espirito Santo, qui compte une trentaine d'agences en Espagne .La montée en puissance du Crédit Agricole se produit en outre à un moment peu propice, alors que tant les milieux d'affaires que la presse économique espagnols expriment des réserves à peine voilées à l'égard de l'attitude française envers l'Espagne. Les prétentions d'une entreprise publique comme EDF sur Iberdrola, notamment, donnent lieu à des réactions de défiance, tandis qu'en sens inverse les chausse-trappes continuelles posées par Eiffage pour contrer l'entrée en son sein de Sacyr sont perçues comme un retour à un "patriotisme économique" militant au nord des Pyrénées.

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