Les marges de raffinage sont bien orientées

La hausse du pétrole ne profite pas seulement aux compagnies productrices mais aussi aux raffineurs. Après l'annonce par BP d'une progression de presque 50 % de ses marges de raffinage, à 12,61 dollars par baril contre 8,42 dollars un an auparavant, le phénomène est confirmé en Asie. Les nouvelles estimations de la banque Merrill Lynch sur l'évolution de ces marges confirment bien cette tendance. Selon la banque, ces marges s'établissent à 9 dollars par baril en moyenne en Asie (Singapour), soit 9,8 % de plus qu'en 2005. Après des années de vaches maigres, l'accélération de la demande mondiale de pétrole depuis 2004, et donc de produits raffinés, a mis l'appareil de raffinage mondial sous pression. Le sous-investissement des années précédentes ainsi que l'imposition de nouvelles normes environnementales ont limité la réponse en termes d'offre.Contraintes techniques. Selon Merrill Lynch, les capacités en Asie n'augmenteront que de 473.000 b/j cette année contre 600.000 b/j en 2005 en Asie. En outre, le secteur doit faire face à des contraintes techniques. Nombre d'unités à travers le monde ne disposent pas du " crackage " permettant de traiter des bruts lourds et soufrés, qui représente aujourd'hui la production de brut supplémentaire arrivant sur le marché.Cette situation a d'ailleurs poussé l'Arabie Saoudite à réduire sa production de brut lourd " heavy arab " depuis le mois d'avril par manque de clients, une décision que certains observateurs ont interprété comme un signe du ralentissement de la demande mondiale. Or, selon le Centre for Global Energy Studies (CGES), " cette réduction de la production du royaume saoudien reflète le refus de consentir d'importantes décotes pour vendre son brut lourd ". La marge est passée entre avril et juin de 5,5 dollars le baril à 1,4 dollar alors que dans le même temps elle progressait de 6,1 dollars à 8,2 dollars pour le WTI. Car, même si les marges pour les raffineries ayant la technologie plus sophistiquée pour transformer le brut en essence sont plus élevées pour le WTI, elles sont passées de 19,7 dollars en avril à 21,6 dollars en juin pour le " heavy arab ".Aussi, comme l'indique le CGES, " le volume supplémentaire que l'Arabie Saoudite pourrait vendre en accordant une importante décote serait plus que contrebalancé par la faiblesse du prix du baril, mais conduirait le royaume à gagner moins tout en vendant plus ". Ce n'est donc pas un ralentissement de la demande qui explique la baisse de la production mais la volonté d'optimiser les revenus. R. Ju.

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