Le courant passe entre la France, la Belgique et les Pays-Bas

Hier, les ministres en charge de l'énergie pour la Belgique, la France et les Pays-Bas ont apporté leur appui politique à la mise en réseau des Bourses de l'électricité de leurs trois pays. "Et sur ce sujet, la politique est en première ligne", a souligné Jan Brinkhorst, ministre néerlandais de l'Economie, lors d'une rencontre des trois responsables, à Bruxelles. En outre, les trois représentants ont décidé de faire, ensemble, un appel du pied à l'Allemagne, afin que sa propre Bourse de l'électricité, EEX, se joigne à ses trois consoeurs.Patrick Devedjian, ministre français de l'Industrie, a donc joué, dans la foulée, hier matin, les missi dominici auprès de Wolfgang Clement. De source française, le ministre allemand de l'Economie a prêté une oreille attentive à la démarche, sans toutefois s'engager pour l'avenir. "En cette matière, l'axe franco-allemand constitue un apport essentiel", a insisté Jan Brinkhorst. Des engagements. Si les Allemands sont d'accord pour un couplage de quatre Bourses, qui obtiendraient une masse critique sur le marché, "ce sera une première au niveau européen et mondial", complète le ministre belge, Marc Verwilghen. La démarche politique complète les engagements pris, dès octobre, par les Bourses de l'électricité française et néerlandaise. Toutes deux sont décidées à porter leur cousine belge sur les fonts baptismaux. Le Belpex doit voir le jour d'ici la fin de l'année. La Bourse néerlandaise, APX et le français, Powernext, ont déjà prévu de prendre chacune une participation de 10 % dans le capital du Belpex. Elles apporteront également "leur expérience et savoir-faire à la Bourse d'électricité belge", selon un communiqué du 1er octobre dernier. Le gestionnaire du réseau néerlandais, Tennet, et son homologue français, RTE, doivent également participer à hauteur de 10 % au capital de la future société. "Le marché belge de l'électricité est, à lui seul, trop étroit, explique le porte-parole d'Elia, gestionnaire du réseau belge et qui détiendra 60 % du Belpex. C'est pourquoi nous souhaitons coupler notre marché avec les Bourses voisines. Tout le monde y gagnera, puisque la liquidité du marché s'accroîtra également sur Powernext et l'APX."Producteurs et acheteurs d'énergie électrique pourront échanger offres et demandes à l'échelle de trois, voire quatre pays si l'Allemagne rentre dans le jeu. Dans un premier temps, le marché concernera la livraison le lendemain de l'énergie achetée. Mais le Belpex envisage de créer un marché de contrats à terme, identique à celui lancé en France.Pendant indispensable à l'accroissement de ces échanges sur le marché libéralisé de l'électricité, les ministres français, belge et néerlandais insistent également, dans les accords de coopération mutuelle signés hier, sur la nécessité de renforcer les interconnexions physiques entre leurs pays. RTE a ainsi déjà annoncé son intention de doubler les capacités d'échange entre la France et la Belgique, en renforçant la ligne Lille-Gand.Grégoire Pinson, à Bruxelle

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