Envolée spéculative de Vivendi Universal

Enfin un peu d'action ! C'est le sentiment qui transparaissait des commentaires d'analystes hier, à la révélation de l'entrée de deux raiders dans le capital de Vivendi Universal (notre édition d'hier). Si le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy n'a fait aucun commentaire et n'aurait eu connaissance d'aucun franchissement de seuil, l'action VU a bondi de 3,28 % hier à 28,97 euros, un niveau qu'elle n'avait pas atteint depuis juin 2002, peu avant l'éviction de Jean-Marie Messier. En trois semaines, la valeur a repris 13 %, davantage par son attrait spéculatif que par ses bons résultats 2005 annoncés le 1er mars. Auparavant, elle n'avait gagné que 6,7 % en un an, trois fois moins que le CAC 40.Les opérateurs de marché ne parient pas sur une OPA, le groupe pesant 33,3 milliards d'euros, mais se réjouissent des possibles changements que pourraient impulser Alexander Vik et son allié Amir Jahanchahi. Les deux hommes, qui avaient aidé Vincent Bolloré à prendre le pouvoir chez Havas en juin, seraient les premiers actionnaires de VU, avec plus de 2,5 %, devant la CDC (2,3 %), et envisageraient de demander une représentation au conseil lors de l'assemblée, le 20 avril."Après VNU et Time Warner, VU était la cible parfaite pour des actionnaires activistes", relèvent les experts de BNP Paribas, du fait de son capital fragmenté et de sa décote de holding, dont la réduction constitue l'un des principaux leviers de création de valeur. Les deux actionnaires auraient l'intention de peser sur la stratégie du groupe "un domaine dans lequel le management a, au-delà d'une exécution opérationnelle réussie, le plus de difficulté à convaincre les investisseurs", observent ces analystes. La coexistence des médias et des télécoms reste contestée par certains investisseurs.Recentrage possible. Le tandem "activiste" pourrait ainsi demander un recentrage sur les médias et une cession des actifs télécoms : or, SFR et Maroc Télécom, valorisés 19 milliards d'euros, ont généré respectivement 64 % et 20 % du résultat opérationnel du groupe en 2005, rappelle Kepler Equities. Une scission du groupe apparaît "compliquée", selon BNP Paribas, qui évoque plutôt la vente d'actifs non stratégiques comme les 20 % de NBCUniversal.Le nouveau duo d'actionnaires pourrait réclamer un dividende exceptionnel, suggère Cheuvreux. Le dividende de 1 euro annoncé début mars avait déçu certains investisseurs au regard de sa génération de trésorerie. En février, après six mois de conflit, Carl Icahn a accepté un accord amiable avec Dick Parsons, le PDG de Time Warner, dont il réclamait la scission : il a tout de même obtenu un plan de rachat d'actions de 20 milliards de dollars...Delphine Cuny

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