Europlace juge que l'avenir d'Euronext reste ouvert

L'avenir d'Euronext n'est pas encore tout tracé. Tel est le message que Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric, a fait passer hier à l'occasion d'un discours très attendu prononcé lors du treizième forum financier d'Europlace.Mandaté par l'association de promotion de la place de Paris pour évaluer, du point de vue des utilisateurs en général doublé de son regard particulier d'émetteur, le projet de mariage de la Bourse paneuropéenne avec le New York Stock Exchange (Nyse) et une alliance alternative avec Deutsche Börse, cette figure emblématique du patronat français considère que "à ce stade, le jeu reste ouvert". "Nous allons examiner les deux projets avec une objectivité et une attention égales", a t-il ajouté en substance.Un ton neutre et apaisant qui n'a sans doute pas été pour déplaire à Reto Francioni, le président du directoire de la Bourse allemande, une fois encore présent dans la capitale pour faire entendre sa cause. Estimant que sa méconnaissance du sujet était à la fois une "faiblesse et une force", Henri Lachmann estime que sa priorité essentielle est de "mettre de la rationalité dans un débat émotionnel" et brouillé par un lobbying intensif des deux parties. Il n'exclut d'ailleurs pas qu'Euronext puisse poursuivre sa vie en solo, une hypothèse pourtant peu probable à ce stade.Le Nyse, la Deutsche Börse et le groupe de Jean-François Théodore doivent répondre avant le 14 juillet au questionnaire personnalisé que le président de Schneider Electric leur a adressé.Lors de son discours d'ouverture, le président d'Europlace et de Suez, Gérard Mestrallet, a déclaré qu'un premier rapport serait remis au Conseil de l'association "avant la fin de ce mois". Une échéance que l'intéressé s'est néanmoins refusé à confirmer. Relativisant l'importance de sa mission, Lachmann a enfin rappelé que les actionnaires décideraient en dernier ressort.Sur une longueur d'onde très proche, le ministre de l'Économie et des Finances, Thierry Breton, grand invité comme chaque année de ce rendez-vous de place, estime également que les actionnaires auraient le dernier mot.Optant aussi pour la neutralité, le ministre de l'Économie et des Finances a rappelé qu'il fallait veiller au respect de quatre principes essentiels : une gouvernance équilibrée d'Euronext, le maintien d'une activité forte à Paris, en particulier sur les actions et l'informatique, la préservation des compétences de l'AMF (Autorité des marchés financiers), et une concurrence suffisante sur les activités de post-marché (compensation et le règlement/livraison). Ce dernier point doit être abordé ce matin à l'occasion d'une table ronde sur les services financiers à laquelle participe Charlie Mc Creevy, commissaire européen au Marché intérieur.Le ministre a ajouté qu'Euronext devait préserver, quoi qu'il arrive, sa capacité à intégrer d'autres Bourses européennes. Interrogé par la presse, le président du conseil de surveillance d'Euronext, Jan Michiel Hessels, a déclaré qu'Euronext était toujours en discussions avec Borsa Italiana en vue d'une alliance. Mais, les négociations conduites avec son président Massimo Capuano, également présent hier, s'avèrent plus difficiles et plus longues que prévu.

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