Les technologiques dans la tourmente

Comme bien souvent sur les marchés financiers, chaque inquiétude sur la croissance économique et, par conséquent, chaque soubresaut des indices boursiers est multiplié pour les valeurs technologiques. Leur activité est plus volatile étant donné que leurs clients - entreprises ou particuliers - ont souvent tendance à rogner en premier sur les dépenses en technologie. Le coup de vent boursier de l'été 2006 ne déroge pas à la règle. Bien sûr, le magma des valeurs technologiques n'est pas uniforme. Mais des tendances lourdes se dégagent.Mauvais signes. D'abord, le Nasdaq, qui donne la direction en ce qui concerne la technologie, accuse un repli de 8 % depuis le 1er janvier dernier. De grands noms de l'indice de référence des valeurs technologiques sont en chute libre. Le fabricant d'ordinateurs Dell, qui doit affronter la rude concurrence asiatique, a chuté de 30 % depuis le début de l'année, Microsoft, de 13 %, et IBM, de 10 %. Le géant informatique a pourtant procédé à de lourdes restructurations en délocalisant plus de 10.000 salariés européens dans des pays émergents comme l'Inde. L'indice Stoxx de Philadelphie des semi-conducteurs, un segment en amont de la chaîne de valeur de l'électronique grand public, de l'informatique et des télécoms, a lui, perdu 16,6 % depuis le début de l'année. Ce qui n'est pas de bon augure pour le reste de l'industrie technologique. Et le premier fabricant de puces au monde, l'américain Intel, s'est replié de 30 %.Pour Joe Oshe, l'analyste semi-conducteurs de Merrill Lynch, " trop d'investisseurs prennent l'avion pour la Chine et Taiwan et feraient mieux de regarder les statistiques de vente de puces ". Début juin, l'association des fabricants de semi-conducteurs (SIA) a revu à la hausse la croissance du marché pour 2006 à 9,8 %, ce qui représente l'équivalent de 249,6 milliards de dollars.Mais rien n'y a fait, les valeurs ont continué à chuter. Les fabricants de PC ainsi que ceux d'écrans plats dont les ventes sont décevantes cette année, accumulent les stocks. Et les investisseurs craignent que les mois prochains soient plus durs que ne veut l'avouer l'association. Et puis, les résultats semestriels, de grands groupes ont déçu le marché. Le chiffre d'affaires du concepteur de solution de stockages de données, l'américain EMC, sera amputé de 500 millions de dollars cette année sur les 11,3 milliards attendus initialementLucent a rebuté les investisseurs en annonçant des ventes trimestrielles en baisse de 13 % alors qu'il visait la stabilité, ce qui a aussi envoyé Alcatel, qui doit se marier avec Lucent, au tapis. En Europe, aussi, SAP a vendu 8 % de licences en moins que ce qui était espéré au deuxième trimestre. D'où la baisse des cours. Pourtant, tout n'est pas noir. Ainsi, Oracle, qui a réussi ses nombreuses acquisitions, prend 18 % depuis le 1er janvier, passe à travers la tempête.

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